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Chef, j’ai glissé..!

Le 27 et 28 août dernier se déroulait le cinquième round du championnat de France de drift à Chamrousse (Isère) et bien sûr Wheels&Driver y était. Ce championnat, tout comme le drift en général prend de plus en plus d’ampleur en France et dans le monde mais d’où vient cette discipline et quelle idée farfelue de mettre une voiture en glisse ? Wheels&Drivers fait un appel de phare et tente de vous expliquer cette discipline spectaculaire.

Les origines :

Le mouvement aurait débuté dans les années 80 au Japon. L’interprétation moderne du drift a évolué d’une forme de courses de rue illégales pratiquées sur les routes sinueuses de montagne et appelées « Touge » (prononcer « to-gué »). Le Touge était pratiqué par les Zoku (prononcer « zo-kou ») qui voulaient tronquer de précieuses secondes de leur temps entre deux points. Par la suite, plusieurs de ces Zoku ont commencé à adopter des techniques de conduite en glisse pratiquées par les pilotes de rallye. Au fur et à mesure que les pilotes de Touge adoptaient ces techniques, ils ont découvert que non seulement leurs performances de conduite et leurs temps en étaient améliorés mais la sensation était beaucoup plus intense. Du Touge, le drift était né.
De nos jours, il se pratique aussi bien sur circuit que sur route, fermées bien sûr !
Toute fois il existe une personne qui a survolée cette discipline pendant des années et qui est encore aujourd’hui appelé le « D.K » pour Drift King, il s’agit de KEIISHI TSUCHIYA, et qui oeuvre dans le monde entier pour promouvoir cette discipline.

Le drift oui, mais avec quel style de voiture ?

Le drift se pratique uniquement avec des voitures propulsion à moteur avant, c’est à dire le moteur à l’avant et les roues arrières motrices. Comme cette discipline vient du Japon naturellement on y retrouve beaucoup de voitures Japonaises (Nissan Sylvia S13, S14, S15 – 350, 370Z – Toyota AE86 et autres) mais aussi, surtout en Europe, des BMW E30, E46, E92 et quelques Américaines mais qui pêchent par leur poids élevé. Et pour rajouter encore un peux de fun à ce sport il n’y a aucune limite au niveau préparation, ainsi vous pouvez voir une BMW « swaper » (c’est à dire greffée d’un moteur qui n’est pas celui d’origine) avec un moteur 2JZ de Toyota équipée de deux turbo développant… attention… 1000 chevaux!! Oui le drift est très prisé des préparateurs auto car ils peuvent se laisser aller à toutes les folies mécaniques.
En revanche en Championnat de France les voitures vont de 250ch à 800ch, sachant que le drift est avant tout une technique donc si vous avez 800ch mais pas de technique, vous ne gagnerez jamais. Les réglages des trains roulants sont aussi primordiaux, angles de braquage, de chasse, carrossage et réglage  des suspensions.
Autre petite précision à ne pas négliger, le budget pneumatique, partant du principe qu’une paire de pneus arrière dure environ 4-5 km je vous laisse imaginer la quantité de « boudins » utilisés sur un week-end complet !

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Pas de chronos, mais du style !
Cette discipline peut et fait encore hérisser les poils de certains fans de sport auto « classique «  qui se disent : mais pourquoi faire glisser une voiture comme ça ? Ou encore : il n’y a pas de chronos, mais quel est le but alors ?..
Le drift est artistique donc noté par des juges sur plusieurs critères bien définis.
Puisque les événements de drift sont jugés par l’exécution et le style, les juges doivent connaitre les limites des voitures et des différentes techniques utilisées par les pilotes. Ces experts jugent et évaluent la trajectoire, la vitesse, l’angle, la qualité du spectacle et le contrôle du véhicule en passant le plus près possible de points matérialisés sur la piste appelés « clip point », par une attribution d’une note moyenne à chaque passage du pilote.
Après plusieurs sessions d’essais libres, les pilotes inscrits doivent passer par une séance de qualification en solo avant de participer aux rounds d’élimination Top-16 ou Top-32 (selon le nombre d’engagés) en « battle », c’est à dire 2 par 2 une fois suiveur et une fois leader pour déterminer un gagnant qui passe le tour suivant et un perdant qui est éliminé. Si malgré ces deux passages les juges retiennent une égalité parfaite il est alors demandé un « One more time », les pilotes refont la manche mais ce passage lui, sera décisif pour déterminer un gagnant.
Des actions comme ralentir au point de gêner l’adversaire, foncer dans un autre véhicule ou faire un tête-à-queue sont illégales et excluent immédiatement le pilote. En France, une roue qui sort de la piste est éliminatoire ainsi qu’un re-grippe, le fait de ne plus faire glisser la voiture sur quelques mètres. Dernière petite précision, le drift se pratique non pas sur la totalité d’un circuit ou d’une route mais seulement sur une portion bien définie d’environ 1,5 kilomètres.

Les techniques pour drifter

Comme tout sport auto, le drift à certaines techniques bien particulières notamment pour mettre une voiture en glisse ce qui n’est pas forcément naturel pour une auto et son pilote, petite description et termes de ces techniques :
– Power over :
Le « power over » (« sur-puissance ») est une technique simple qui consiste à aborder un virage à allure modérée, puis à accélérer violemment en entrée de virage tout en braquant plus ou moins fort suivant la puissance du véhicule; une voiture puissante est nécessaire et un contre-braquage rapide est à prévoir.
Il faut continuer d’accélérer jusqu’à ce que les roues récupèrent de l’adhérence; freiner ou relâcher l’accélérateur parce que le véhicule est dans un état de survirage extrême et la moindre erreur fera perdre le contrôle au véhicule.
– Coup d’embrayage:
Le « coup d’embrayage » (en anglais clutch kicking) consiste à débrayer alors qu’on est en pleine accélération et à re-embrayer brusquement, donnant ainsi d’un coup plus de régime moteur et de couple aux roues avec pour effet la perte d’adhérence. Cette méthode est souvent utilisée pour prolonger une dérive qui semble se terminer prématurément lorsqu’un virage plus serré se rouvre par exemple. À l’approche d’un virage ou durant un léger drift, appuyer soudainement sur l’embrayage, le cahot corrige la trajectoire en faisant chavirer l’arrière.
– Feint drift :
Le « feint drift » (« feint » signifie une « feinte », on l’utilise entre autre pour surprendre la voiture qui suit) est tout simplement un transfert de charge. La technique consiste à se positionner à l’intérieur à l’abord d’un virage, puis à donner un coup de volant rapide vers l’extérieur pour ensuite entrer l’arrière du véhicule et le délester de son poids pour provoquer un survirage. Sur une piste très sinueuse, le « feint drift » peut être utilisé pour boucler tout le circuit en drift, en liant les virages les uns aux autres par des transferts de charge de ce type.
– Freinage :
Le freinage (braking) consiste à freiner continuellement avant le virage puis à son début tout en ayant une vitesse supérieure à la normale : le simple fait de relâcher le frein met la voiture en survirage. Cette performance est réalisée en freinant fortement dans un virage, ce qui entraîne une perte d’adhérence et ensuite en rééquilibrant le drift à travers les mouvements de la direction et de l’accélérateur. (Ce drift est essentiellement adapté pour les virages pris à vitesse moyenne ou faible).
– Freinage du pied gauche :
Le freinage du pied gauche (en anglais left foot braking) est une technique souvent utilisée dans les courses de rallye. Elle consiste à donner beaucoup de révolution au moteur (traction) et à appuyer fortement sur la pédale de frein avec son pied gauche pour ainsi bloquer les roues arrière sans bloquer les roues avant. C’est aussi une très bonne technique pour prendre des virages serrés sans perdre de la vitesse à la sortie. Vous vous en douterez c’est une technique très difficile à manier.
– E-brake et Long slide :
La technique e-brake (pour emergency brake, qui signifie « frein d’urgence », plus communément «frein-à-main »), encore appelée « side brake » (« frein de côté »), est la plus facile, elle consiste à activer brièvement le frein-à-main en le laissant déverrouillé, permettant à l’arrière du véhicule de perdre de la motricité, accompagné d’une légère survitesse à l’entrée du virage, puis d’accélérer et contre-braquer de manière dosée.

Pourquoi un succès grandissant ?

C’est simple, le spectacle avant tout !

Malgré la jeunesse de cette discipline en France (une petite dizaines d’années) le spectacle est bien présent et quoi de mieux quand on est spectateur ?
On le constate en regardant les gens qui viennent en famille, de 7 à 77 ans, voir ou découvrir des pilotes monter une route de montagne à plus de 100km/h en glisse dans une fumée et un bruit assourdissant. De plus, il y a la proximité avec les pilotes qui sont abordables et tous super sympathiques, ainsi que la possibilité de se promener librement dans les paddocks pour voir de prêt ces voitures de folies.
Tous cela donne un cocktail qui marche et les sponsors ne s’y trompent pas car ils sont de plus en plus présent et les championnats deviennent d’années en années plus professionnels et mieux organisés.
De ce fait, il y a aujourd’hui de nombreux championnats tel que les championnats nationaux dans à peu prêt tous les pays du monde, les championnats européens comme le « King of Europe », le « Drift Allstars » etc…. Et un championnat du monde nommé le « King of Nations » présent dans neuf pays où nous pouvons dire cocorico car il y a un seul pilote Français engagé, j’ai nommé MONSIEUR Nicolas Delorme et qui est actuellement troisième du classement général à une manche de la fin… GO! GO! NICO !
Voilà, avec toutes ces informations, vous avez toutes les cartes en mains pour comprendre cette discipline, donc si une manche se déroule pas loin de chez vous n’hésitez plus et allez voir ce spectacle vous passerez à cout sûr un bon moment !

Driftement votre, William.

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À propos William Barbet

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