Essai Hyundai i30 Turbo, double face !

Pendant une semaine j’ai eu le plaisir d’être en compagnie de la Hyundai i30 Turbo, la berline sportive de la marque coréenne. Peu vue sur les routes dans cette déclinaison, je vais vous dresser mon verdict qui risque d’en surprendre plus d’un …

J’étais plutôt enthousiaste avant de prendre le volant de cette i30 Turbo, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Cependant j’avais hâte de savoir si ce coupé allait répondre à mes attentes, à savoir un son d’échappement digne de ce que les canules annoncent, un comportement suffisamment satisfaisant pour allier plaisir et performance ainsi qu’un confort faisant oublier l’enchaînement des lacets ou les 5 heures de route reliant Paris à Lyon.

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Discrète, mais admirée

Si la i30 “normale” s’aperçoit sur les routes elle n’attire pas forcément l’oeil, cependant la i30 Turbo, elle, fait tourner les têtes. Revêtue d’une carrosserie spécifique trois portes, la Turbo profite d’une face avant plus agressive, plus tendue avec des arrêtes brutes. Le petit liseret rouge sur la lame avant affirme le caractère de la i30Turbo par rapport a la berline de base, le tout, souligné par sa belle signature LED. Ces lignes se profilant tout le long de la carrosserie lui donnent une allure élancée vraiment agréable à regarder. La i30 vous glisse sous les yeux et dévoile son postérieur. Encore une fois, sa signature lumineuse lui apporte une volupté certaine… Puis vos yeux glissent le long de sa robe blanche, un liseret rouge est présent en haut du diffuseur arrière qui dévoile deux sorties d’échappements parfaitement dimensionnées ! Il n’y a plus qu’à les faire cracher !

Une douce atmosphère

À l’intérieur de l’auto on retrouve une ambiance digne d’une GT, les sièges sports bi-color rouge/gris, les surpiqures discrètes, mais présentent le long du volant et des panneaux de porte, un pédalier en aluminium et la petite touche sur le levier de vitesse nous vont à merveille dans cet habitacle. La partie supérieure du pommeau est rouge tandis que les surpiqures se prolongent sur son cuir le long de l’axe 3eme/4eme vitesses. La partie compteur est également propre à la déclinaison sportive de la berline coréenne. L’esprit Turbo est bel est bien là, l’harmonie y est et le charme opère vite, très vite. Lorsque la nuit tombe, un éclairage bleu vient ambiancer l’habitacle dont la luminosité est réglable facilement. Vous allez aimer voyager de nuit avec la Hyundai, on se sent vraiment bien à l’intérieur, mais la luminosité de l’écran GPS reste très élevée, et ce, même en configuration minimale de luminosité. On est obligé d’enclencher le mode nuit qui désactive entièrement l’affichage de l’écran pour ne pas être dérangé. Alors certes là lumière ne vous gêne plus, mais dès que vous voulez effectuer une petite modification multimédia ou simplement regarder votre trajet, retour à la case projecteur.

Le modèle bénéficiant des sièges sport révèle une assise confortable, mais on regrette un dossier un peu trop ferme. Malgré le réglage électrique des lombaires, la pause des 2 heures de route fait du bien au dos (le passager ne bénéficie d’aucun réglage des lombaires). Par contre à l’arrière c’est tout autre chose, si la banquette est aux couleurs des sièges avant son confort est royal ! Si si, on est bien mieux à l’arrière qu’en passager, le dossier est tellement moelleux que vous apprécierez les accélérations vous enfonçant dans ce dernier. L’assise est tout aussi confortable qu’à l’avant et l’espace aux jambes reste plus que correct pour un coupé. Cependant les grands gabarits se risquent à un torticolis…
En conduite sportive les sièges avant offrent un maintien à la hauteur de ce que l’on attend lors d’un achat pour ce type de véhicule. Je ne me suis même pas fait la réflexion qu’ils ne me maintenaient pas assez même en étant passagers.

Des boutons et du tactile, l’accord qui marche !

Pour ce qui est de l’ergonomie, peu de reproches à faire. Le volant comporte le bon nombre de boutons nécessaires pour interagir avec les différentes commandes, aussi bien l’écran multimédia que l’écran situé entre les compteurs. Malgré mes tentatives répétées, impossibles d’afficher la vitesse instantanée. L’écran de consommation instantanée/moyenne devient vite … déprimant au vu de la consommation de la i30 Turbo. Les commandes de climatisation restent sous une forme classique, mais efficace et tombent bien sous la main tandis que l’écran tactile gère le pôle multimédia. Le tactile est d’une bonne qualité, pas besoin d’écraser votre doigt dessus pour confirmer l’entrée. Le système GPS saura vous amener à destination sans grands encombrements, heureusement. Il est cependant dommage qu’un rappel de la direction à emprunter ne soit pas indiqué sur l’écran des compteurs. L’appareillage Bluetooth est très simple cependant les options de réglages audio sont assez pauvres même si le son est d’une bonne qualité.

En règle général la i30 Turbo regorge de rangements pratiques et exploitables, la boîte à gant offre un volume raisonnable tandis que les passagers arrières jouiront de vide poche assez grand pour y loger une bouteille d’eau et quelques petites bricoles.
Dotée du toit panoramique ouvrant, on prends vite gout à se balader “les cheveux aux vents” aussi bien en ville que sur route de campagne.

L’auto profitant de l’accès et démarrage sans clé je ne peux qu’être charmé par cette option, à l’approche du véhicule celui-ci déploie ces rétroviseurs, une petite pression sur le bouton inclut dans la poignée de la portière et le véhicule s’ouvre. On s’installe et on démarre la voiture par une simple pression sur le bouton siglé d’un Start – Stop. Pour refermer la i30 Turbo après avoir chevauché à son bord, il suffit d’effectuer un double clique sur ce même bouton noir (celui situé sur la portière, si vous suivez !). Simple comme bonjour !

Highway or City ? 

Mais que donne cette i30 Turbo sur le plan de la conduite ? Tout d’abord il est important de noter que 3 modes de conduite sont disponibles : Normal/Sport/Confort. Ces modes influent juste sur la direction, ce qui est regrettable. En mode Comfort, la direction sera d’une grande souplesse afin de ne pas batailler avec un volant trop dur pour les petites manoeuvres, très pratique pour la conduite en ville. Le mode Normal se trouve à mi-chemin entre la souplesse du mode Confort et la robustesse du mode Sport. Personnellement le mode Confort est le mode que j’ai le moins utilisé, aucun environnement ne se prête vraiment à ce mode puisque le mode Sport devient beaucoup plus attrayant sur autoroute comme sur route. Si la souplesse du 1,6L n’est pas à prouver, ce dernier offre un agrément entièrement satisfaisant pour une utilisation en agglomération. Pour rester dans l’élément de la ville, la Hyundai i30 Turbo profite d’un amortissement dédié à la i30 qui, certes, se montre ferme, mais pas inconfortable, vous apprendrez tout simplement à vivre et ressentir la route. Et c’est la nuit que l’on apprécie l’éclairage directionnel LED.

Sur autoroute j’ai plutôt été surpris pas ce 1,6 Litre, mais pas en bien…. Lancé à 130, il se montre plus bruyant que celui de la 308GT, qui a quand même mis la barre assez haute il faut l’avouer. Mais ça n’est pas tant son insonorisation qui m’a déplu, cette dernière reste très satisfaisante et le volume audio efface une grande partie des bruits d’air/roulements/moteur. Mais lorsque l’on a besoin de relancer, le moteur a un comportement plutôt étrange. On sent le moteur donner des à-coups, pendant un temps il y a de la puissance puis plus rien, alors que la pédale reste enclenchée, puis la puissance revient, comme un broutage, mais a 130km/h et en moins prononcer, seul le conducteur le ressentira, mais c’est assez déstabilisant. Cependant, je pose l’hypothèse d’un mauvais rodage moteur, la i30 Turbo ayant 11 000kms au compteur et ayant uniquement servi aux essais presses, on sait tous que les voitures ne sont pas choyées lors de ces essais. Alors si mon hypothèse se confirme et imaginons qu’elle le soit, la i30 Turbo offre des reprises correctes sans jouer de l’embrayage à chaque côte ou dépassement. En théorie on a tout de même 186 chevaux et 265Nm de couple sous le pied. Et si par malheur mon hypothèse venait à être démentie alors peut-être qu’une reprogrammation permettrait une meilleure optimisation du moteur en augmentant le couple sans pour autant changer la puissance pour les moins téméraires des possesseurs de i30 Turbo.
Et la consommation alors me direz-vous ? Et bien, tenez-vous bien, comptez facilement 12 litres en conduite urbaine souple contre 8,9 Litres sur autoroute… Autant dire que le réservoir de 53 litres descend aussi vite qu’une bonne peinte de bière à tel point qu’on finit par se convaincre que si c’est pour consommer 12 litres en urbain autant appuyer et accélérer. Au pire on fera 13 litres et on profitera plus du comportement de la belle !

La Turbo, la campagne et le soleil.

Après des heures passées sur l’autoroute et en ville j’avais hâte de voir ce que la i30 Turbo donnait sur ces routes de campagnes que je chéris tant ! On appuie sur l’accélérateur et on se concentre, la i30 Turbo enchaine les virages sans difficulté, son châssis bien affuté vous fera vite sentir à l’aise et en sécurité, alors on s’autorise un passage encore plus rapide dans les lacets suivants et la Turbo accroche toujours au bitume. Quand bien même les pneus arrivent à leur limite d’adhérence, l’ESP vous laissera cette liberté de pouvoir contrôler cette perte d’adhérence, ce qui vous fera frissonnez l’échine et vous laissera un léger sourire au bord des lèvres. Quant au moteur, il est loin d’être dans les choux, si son 0-100 est annoncé en 8 secondes, ce qui n’est pas un score de référence pour 186 chevaux (la Fiesta ST l’abat en 7 secondes alors que développe 182 chevaux, sans l’overboost). Il faut dire que la première vitesse sert juste a lancer la voiture, aucune puissance ne se fait ressentir à tel point que sur le passage en seconde les roues avant se mettent à patiner ! Par contre, une fois la seconde enclenchée le GDI nous délivre son couple dès 1500 tours tandis que sa puissance max arrive à 5500 tours. Quant au 265 Nm de couple, ils sont bien utiles lors des sorties de courbes afin de relancer la Hyundai.

Gare à son comportement lors des descentes, l’arrière a une fâcheuse tendance à vouloir prendre les devants ! Cette manie déséquilibre la caisse au freinage, la plus grande prudence s’impose dans ce cas là, même si en règle général l’auto reste bien équilibrée. La direction raffermie grâce au mode Sport vous fait remonter les informations efficacement tandis que les suspensions spéciales à la i30 vous confèrent un sentiment de sécurité malgré leur fermeté. Pour ce qui est des sensations en passager, elles sont bien différentes, on ne retrouve pas la même confiance que quand on est conducteur, on ressent beaucoup le châssis perdre de son efficacité et on en vient à se dire plusieurs “cette fois-ci le talus est pour nous !”. Mauvais jugement du passager puisque, le conducteur, qui ressent pleinement la voiture, sait quelle passera sans broncher alors si vous n’arrivez pas à faire confiance à la voiture quand vous êtes en passager, faites confiance au conducteur qui à un ressenti bien plus complet que vous.
Un plaisir a conduire sur route c’est indéniable avec une efficacité qui en surprendrait plus d’un, la Hyundai i30 Turbo n’est pas parfaite, mais est sur la bonne voie. En revanche le plaisir a une consommation et celle-ci s’est élevée à 17 litres lors de ma journée test/photo, pas bien raisonnable le 1,6 T-GDi…
De plus son tarif à 28 000€ nous fera réfléchir à deux fois puisqu’on trouvera des Mégane 3 RS plus affutée et plus puissante aux mêmes tarifs.

Bilan

Quels sentiments retenir de cette Hyundai i30 Turbo après une semaine passée avec elle ? Mon avis est partagé, car si la voiture possède toutefois des défauts, elle ne cesse de nous ensorceler et on finit par l’aimer malgré ces points faibles. À son bord on est bien installé, mais la consommation sera sûrement la goutte d’eau de trop… Un peu plus de puissance et d’exhaustivité au niveau de l’échappement ne seraient pas de refus non plus. La i30 vous envoute, vous charme et vous fera accepter ces défauts par un simple coup d’oeil… Vicieuse 🙂
Hyundai est sur la bonne voie et nous propose une voiture utilisable au quotidien, tant par son confort que sa polyvalence, tout en prenant son pied quand l’envie de frissonner se fait sentir. Cependant on ne serait pas contre plus de puissance, environ 220 chevaux, un son plus prononcé ainsi qu’un moteur moins gourmand.
Cependant le tarif peu attractif explique sûrement sa rareté sur nos routes…

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Crédit photo : Quentin TISSIER Photography

Merci à Hyundai France pour le prêt et surtout à Amélie pour sa rapidité et sa disponibilité !

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À propos Lucas Schaffuser

Bercé au rythme des rallyes ma destinée était tracée alors en grandissant j'ai continué à faire vivre ma passion allant des 1/43 jusqu'aux réelles aujourd'hui. Alors je garde ma passion comme passion en faisant profiter le maximum de personne pour un amour automobile collectif et partager. Ma première voiture ?! Une Super 5 Baccara, ça dépote !
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