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Ford Fiesta ST200 : hamburger sauce piquante !

La Ford Fiesta ST, lancée en 2013 et restylée en 2015, s’apprête à quitter la scène pour laisser place à la nouvelle Fiesta. Faisant partie des modèles les moins puissants de sa catégorie, l’américaine s’offre une cure de vitamines avec la Fiesta ST200 et ses 200 chevaux qui marque la fin d’une ère des MK7.

Comme pour chaque essai, le réveil sonne tôt, trop tôt. Mais comme je l’ai toujours entendu, L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, pour être honnête avec vous j’ai pas aperçu la moindre once  d’avenir en me levant à 4h du mat jeudi. M’enfin bref, pas très grave puisque 5h plus tard j’allais être au volant de la Fiesta ST200. Pour être totalement franc avec vous, la ST200 ne me vendait pas du rêve, la Focus RS oui, mais chaque chose en son temps. Il faut bien apprendre à marcher avant de sprinter.

Le parc presse de Ford est relativement bien caché et regorge de bijoux automobiles. Cachée sous sa bâche bleue siglée Ford, la ST200 m’attendait gentiment. Sa protection enlevée, le Gris Storm se révèle et ne me laisse pas indifférent. Cette teinte de carrosserie a été développée spécialement pour la ST200. En soit, il y a très peu de différences entre une Fiesta ST normal et une ST200. Bien évidemment la couleur de la voiture participe grandement à faire la différence en plus des jantes noires en 17 pouces et des étriers de freins rouges, vous remarquerez également le badge ST200 sur le coffre, qu’on retrouvera également sur la console centrale. Assez parlé, il est temps de démarrer la Fiesta et d’aller chercher la Toyota GT6 que Lucas a essayé.

Mon premier flirt avec une américaine

Je débraye et appuie sur le bouton Power pour lancer le moteur, un léger son rauque vient me confirmer que je n’ai pas affaire à une ridicule diminution de la Focus RS. Direction le parc presse de Toyota France, à travers Paris, la ST me régale. Douce en ville, la Fiesta ST200 me met rapidement à l’aise, elle a su me faire découvrir chaque recoins des pavés parisiens grâce à ces suspensions fermes abaissées de 15 mm par rapport à une Fiesta basique. L’intérieur est assez sommaire comme dans la majorité des Ford, malgré cela je reste certains que si la Fiesta n’est pas extravagante à l’intérieur c’est qu’elle nous cache quelque chose de bien plus agréable ailleurs. Et cette suprise se nomme moteur, on y reviendra plus tard, continuons de parler de l’intérieur. A première vue, la ST200 ne casse pas trois pattes à un canard quand on s’y installe. L’américaine fait les choses vite et bien, après tout que demander de plus ? Eh bien dans un premier temps on pourrait avoir des baquets en option comme sur sa grande soeur, la Focus RS. Les semi-baquets Recaro d’origine maintiennent déjà très bien, en plus ils sont chauffants ce qui était très agréable lors des longues cessions de route ou le matin par -3°. Mais côté sportivité j’aurais apprécié que les baquets Recaro soient au moins proposés en option.

Viens maintenant le moment de brancher le téléphone en Bluetooth, l’appareillage se fait assez vite mais j’ai été perdu face à l’armée de boutons à laquelle je devais faire face. Heureusement, j’ai fais l’appel à un ami (merci Yoan !) qui m’a indiqué la marche à suivre pour que l’ensemble fonctionne correctement. Le son est vraiment agréable avec l’Audio Pack livré de série, je ne suis pas musicien mais une fois réglé correctement il s’en sort plutôt bien comparé à la majorité des véhicules qu’on a essayé jusqu’à présent. Certes ça ne vaut pas un Volvo XC90 avec l’option à 3 400€. Avec l’option Audio Pack SONY, vous disposez d’un lecteur CD (ce qui est rare de nos jours !), d’une prise USB, du Ford SYNC avec l’AppLink, le Bluetooth et les commandes vocales ainsi que de 8 hauts parleurs pour vous faire chanter à tue-tête dans les bouchons. Ah et d’un système de navigation 5″ en option (appelée audio pack NAV) pas attirant, autant vous dire que je ne l’ai pas allumé puisque mon téléphone faisait nettement mieux. La partie supérieure de la console centrale accuse un retard technologique flagrant et est totalement dépassée quand on voit ce qui se fait chez la concurrence. Heureusement, la nouvelle Fiesta 2017 arrive et va remettre les compteurs à zéro.

Les détails qui fâchent..

La vie à bord de cette américaine est relativement agréable, néanmoins certains détails, m’ont clairement ennuyé, pour rester poli. Dans un premier temps j’ai remarqué que la centralisation ne fermait pas automatiquement la voiture une fois une certaine vitesse dépassée, viens ensuite le moment où j’ai cherché le Trip B, vous savez ce compteur qui permet de garder en mémoire un second trajet : absent. Le fait que la ceinture soit loin derrière le siège et qu’on soit obligé de se tordre le bras est une action propre aux 3 portes certes, mais un système comme sur la Toyota GT86 n’aurai pas été de trop.
Un truc tout bête que j’apprécie particulièrement, mais là ça relève uniquement de moi, c’est le fait de mettre un petit coup de clignotants et ça clignote trois fois, juste ce qu’il faut pour se rabattre. Dans la même idée, la ST200 profite de cet a-coup pour faire un coup d’essuie-glace, un bon point. Ensuite, la climatisation, doux jésus elle n’a qu’une zone c’est quand même dingue qu’en 2013 Ford n’ait pas fait ce changement pour un bi-zone. De plus, accessoire tout bête et pratique, l’allume cigare. Il y en a un à l’avant, il y a l’emplacement à l’arrière mais celui-ci est vide, c’est dommage. Pour finir, un volant à méplat aurait été du plus bel effet pour asseoir le côté sport de cette Fiesta ST200. Je souhaiterai rajouter que certaines options sont de série sur certaines voitures concurrentes, ici les options se paient le prix fort. Le régulateur de vitesse s’affiche à 150€, le Keyfree (déverrouillage et démarrage mains libres) est à 410€, tandis que l’allumage automatique des phares et essuie-glaces est facturé 200€. Enfin, un autre détails qui m’a particulièrement énervé, les phares avants, ils ne sont pas au xénon et encore moins à LED, ça enlève une partie du charme de la face avant qui pourtant profite des phares diurnes à LED.

.. et ceux qui sont intéressants !

Ce n’est pas parce que ce paragraphe est court qu’il signifie que la ST est déplaisante, je préfère vous prévenir qu’on soit bien sur la même longueur d’onde. On a le droit à un indicateur de passage de rapport, certes pas très utile quand on roule tranquille (il s’affiche vers 2500 tr)mais il a l’intelligence de se décaler dans les tours quand on roule fort ! Un petit peu comme le bip vers la zone rouge dans les Clio RS. C’est tout bête mais plutôt bien pensé et on se sent vraiment au volant d’une voiture qui vous aide à tirer le meilleur de son potentiel. Enfin, on profite de capteurs dans les valves de pneus qui indiquent si vous êtes à plat ou non. Bémol, c’est juste un indicateur sur le tableau de bord, vous ne connaîtrez pas la pression exacte de vos pneumatiques.

Ca pousse une américaine ?

Le moteur est royal ! Autoroute, ville ou encore arsouille, il sait tout faire. Que ce soit pour rouler à 130km/h pour descendre à Lyon en silence sur l’autoroute avec une conso de 7,4L ou aller en ville pour manger au restaurant, la ST200 sait vous faire oublier que c’est une sportive. En plus de ses 18 ch gagnés grâce à la cartographie moteur revue, le 4 cylindres 1,6 l turbo devient plus coupleux (290 Nm). Les 20 secondes d’action de l’overboost portent même cette valeur à 320 Nm. Pas mal, pour une américaine qui pèse 1.163 kg.
Par contre dès lors qu’il faut doubler un tracteur, un apprenti un peu trop lent ou même voir ce qu’elle a réellement dans le ventre, là, la Fiesta ST200 va vous montrer tout son talent avec brio. En plus de vous procurer un réel plaisir de conduite, de voir les compteurs qui s’affolent, la ST hausse le niveau de son chant pour augmenter cette sensation de sportivité.

Petite parenthèse sur comment Ford fait chanter ses ST : ils ont ajouté un tube spécial appelé le Sound Symposer. Les ingénieurs ont travaillé pour amplifier naturellement les fréquences du moteur entre 200 et 450 Hz grâce à l’utilisation d’une «membrane» composite qui vibre avec les impulsions d’air d’admission.

Bon, ça ne chante pas comme une Focus RS et c’est bien dommage car la Fiesta ST200 mériterai de profiter des vocalises de sa grande soeur. Malgré ça, le moteur est coupleux, en 6e à 50km/h ça repart tranquillement et elle vous offre une montée linéaire jusqu’à la zone rouge près des 6000trs/min, du bonheur. La boîte a été retravaillée et profite d’une transmission offrant des rapports plus courts et du coups des accélérations plus franches. L’overboost fait grimper la pression du turbo pendant 20 secondes, dans les faits, on dispose toujours de la puissance maxi car chaque décélération au changement de rapport remet le “compteur” à zéro !
De plus, le Sound Symposer est vraiment jouissant, il sait rester discret en ville ou sur autoroute à régime stabilisée, en revanche quand vous commencez à monter dans les tours et à emmener l’américaine dans les tours, le Sound Symposer se régale. Et vous aussi par la même occasion, on entend le turbo respirer et le moteur vous fait savoir qu’il est là, prêt à répondre à la moindre sollicitation de la pédale de droite.
La Fiesta ST200 reste assez radicale, même si elle est devenue plus facile à vivre que la ST de 182 ch qui était déjà incisive à souhait et particulièrement mobile de l’arrière-train, en toute facilité, et sans nécessairement rouler à des allures inavouables. Si vous souhaitez une ST200 qui part du c*l, gonflez lui bien les pneus arrières (nous avions 1,2 bars en trop sur le train arrière avant de refaire la pression) et vous verrez que l’américaine deviens très joueuse du popotin. Comparé à la 182, une des évolutions majeures de la ST200 est de virer à plat dans les virages, ce qui m’a autorisé à remettre les gaz plus tôt grâce à un gain de motricité. Le fait de basculer l’ESP en mode Sport (Normal – Sport – Off) vous autorisera encore un peu plus de liberté lors de vos arsouilles. Faites le test entre Normal et Sport, et vous constaterez que l’ESP  castre quand même le comportement de la voiture. Qui dit arsouille, dit freinage fort, vous pourrez compter sur un freinage puissant, bien qu’il reste identique à celui de la ST 182 avec des disques de 278 mm à l’avant et 253 mm à l’arrière.

L’addition s’il vous plaît !

L’un des atouts de la Ford Fiesta ST 182 ch était son rapport prix-plaisir imbattable. C’est un peu moins vrai avec la Fiesta ST200, qui n’a plus grand-chose d’une hot hatch abordable à 27 300 €, soit 2.500 € de supplément, ce n’est pas donné pour quelques ajustements électroniques et mécaniques. Facture totale qu’il faudra encore augmenter de plusieurs centaines d’euros pour disposer d’équipements courants (régulateur de vitesse, radar de recul, allumage automatique des feux…). La balance a du mal à pencher en faveur de l’américaine malgré son évolution. La ST200 ne transforme pas la Fiesta comme le fait la griffe «by Peugeot Sport» avec la 208 GTi. Enfin, niveau tarif, le modèle d’essai est affiché à 29 560€, pas facile quand les 208 GTi débute à 25.900 € et une Clio RS à 26 050 €.

Chez toi ou chez moi ?

En fait la Fiesta ST200 ressemble à Docteur Jekyll et Mr. Hyde. Douce, et rageuse quand c’est nécessaire. J’ai vraiment aimé cette voiture pour son côté utilisable au quotidien grâce à sa douceur et son confort mais également pour son côté sport lorsqu’il s’agit d’aller rouler avec les copains. Et c’est assez rare aujourd’hui de trouver une voiture qui nous offre un bon compromis. La 208GTi BPS est chère et vraiment orientée sport, quand la Clio IV RS se trouve uniquement en carrosserie 5 portes avec une boîte auto, l’Opel Corsa OPC pourrait être une concurrente sérieuse mais le manque de reconnaissance d’Opel dans le monde des compactes sportives lui fait du tort.. Alors certes, il n’y a pas de différences réellement notables face à une ST normale mais n’oublions pas que ça reste une édition spéciale. De plus, la nouvelle Fiesta ST 2018 tourne sur 3 cylindres et dispose également de 200cv pas de quoi ranger la Fiesta ST200 au placard !

Fiche technique de la ST200

0 à 100 : 6,7 secondes
Vitesse de pointe : 230 km/h
Nombre de poneys : 200 (+12 comparé à la Fiesta ST normale)
Couple : 290 Nm
Overboost : +15 cv et + 30 Nm pendant 20 secondes max
Suspensions : – 15mm (comparé à la Fiesta ST normale)
Rapport de pont : 4,06 à 3,82 (capacités d’accélération améliorées entre chaque rapport)
Poids à vide : 1163 kg
CO2 : 140g/km
Production : 200 exemplaires en France
Chevaux fiscaux : 11
Prix : 27 300€

Infos pratiques

En 5 jours nous avons fait quasiment 2000 kilomètres donc j’ai largement eu le temps de me faire à la voiture et à son confort. Pour ce qui est des consommations annoncées, on est bien évidemment bien loin de ce que promeut Ford :

Consommations annoncées VS réelles durant l’essai
Urbaine Extra-urbaine Autoroute
Annoncées 7,9L 4,8L 5,9L
Réelles 8,2L 8,5L 7,4L

Un énorme merci à Charlotte pour sa gentillesse et disponibilité et au Monsieur du parc presse de Ford toujours aussi attentionné, passionné et encourageant ! Au plaisir de récupérer une nouvelle voiture et de discuter ensemble !

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À propos Quentin TISSIER

La photo j’aime ça. Les voitures j’aime ça. Du coup, ça me paraissait logique de combiner mes deux passions. Et puis pour bosser avec les déjantés de Wheels And Driver je ne me suis pas fait prier !
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