Parlons peu mais parlons GT-R !

Quel amateur de voitures sportives ne connait pas la longue lignée des « Skyline GT-R » ou « GT-R » (pour les derniers modèles) de chez Nissan ?
Aujourd’hui Wheels&Driver revient sur cette icône des voitures japonaises devenue au fil du temps, et surtout ces dernières années, une référence en matière de sportivité d’efficacité et de technologie. Mais avant de nous attarder sur les dernières générations de Nissan GT-R et notamment la dernière version ultime, nommée « NISMO », revenons dans la fin des années 1960 à la naissance de ce qui sera une future référence. Dans cette article nous parlerons seulement des versions GT-R des Skyline car il y aussi les versions plus simple, non GT-R.

LA NAISSANCE :

Tout d’abord que veux dire GT-R?  Simplement Gran Turismo Racing.
Cinq générations furent produites en deux périodes, de 1969 à 1973 puis de 1989 à 2002. Et oui, vous avez bien lu ! Dernière année, en 2002 car après cette date la belle n’aura plus la dénomination Skyline mais seulement GT-R, mais nous reviendrons sur ce point plus tard.
Elles s’illustrèrent dans de nombreuses compétitions internationales, avec de nombreuses victoires à la clé.

— Première du nom : Nissan Skyline 2000 GT-R Hakosuka (1969 à 1972)

Présentée à l’automne 1968 au 15ème salon de l’automobile de Tokyo, elle est commercialisée à partir du 21 Février 1969 sous la forme d’une berline sportive. Elle est animée par un 6 cylindres en ligne de 1989cc, double arbres à cames 24 soupapes, 160ch, 180nm de couple. Pesant environ 1100kg pour le coupé et 1120kg pour la berline, elle atteint une vitesse de pointe de 200km/h, le tout sur les roues arrières avec quand même pour l’époque un différentiel à glissement limité. Elle abat le 0 à 100km/h en 8,3s, ce qui est tout à fait honorable pour les années 70. Son surnom, Hakosuka, vient de la contraction du mot « Hako », désignant une boîte en japonais et de « Suka » (le diminutif de Skyline). Il va sans dire que ce surnom lui vient de son profil aérodynamique et de son design peu flatteur.

Nissan Skyline 2000 GT-R
Nissan Skyline 2000 GT-R

 

— Deuxième génération : Nissan Skyline 2000 GT-R (1973)

Et oui, elle porte le même nom car tout simplement il n’y pas eu de changements au niveau mécanique mais seulement en terme de carrosserie car cette version ne sera disponible qu’en version « FASTBACK », inspirée par les voitures américaines de l’époque.
Cette génération aura eu une carrière de seulement… 4 mois… Oui, 4 mois, dû notamment au premier choc pétrolier et par une de ces conséquences en particulier, à savoir la mise en place de normes plus strictes concernant les émissions polluantes ! Comme quoi ce problème ne date pas d’aujourd’hui…
Il n’y aura pas de Skyline GT-R de 73 à 89, juste les modèles R30 et R31 mais qui ne seront pas décliné en version GT-R.

Nissan Skyline 2000 GT-R "FASTBACK"
Nissan Skyline 2000 GT-R “FASTBACK”

— Troisième génération : Nissan Skyline GT-R type R32 (1989 à 1994)

Là on commence à parler des générations qui nous parlent un peu plus.
Après seize longues années d’attente, la Skyline GT-R revient sur le devant de la scène avec ce modèle. Construite afin de répondre aux exigences du Groupe A, elle gagne une transmission intégrale et inaugure son célèbre 6 cylindres en ligne de 2568cc twin turbo, le fameux RB26DETT pour les connaisseurs, fort de ces 280ch et de 353nm de couple pour un 0 à 100km/h en 4,7s et l’apparition de la transmission intégrale (60% arrière et 40% avant) tous cela pour 1330kg. Disponible exclusivement en version 2 portes (coupé) il y aura que peu de modifications jusqu’à 1994 hormis quelques petits détails. Un modèle spécifique voit le jour en 91, la N1, plus légère avec la suppression de l’essuie-glace arrière et de la moquette de coffre ainsi qu’avec l’utilisation de phares plus légers. La N1 n’était disponible qu’en blanc. Ensuite, en 93 l’apparition des freins Brembo et des jantes en 17 pouces BBS pour la version V-spec, pour Victory Specification, pour finir en 94 par la V-Spec 2, équipée de pneus plus larges.

Nissan Skyline GT-R R32
Nissan Skyline GT-R R32

— Quatrième génération : Nissan Skyline GT-R type R33 (1995 à 1998)

Rien de bien nouveau pour cette version si ce n’est esthétique avant tout car elle gagne juste en modernité donc en surpoids (200 kg supplémentaire).
Toujours équipée de sa transmission intégrale et de son moteur légendaire 2,6L twin turbo qui gagne légèrement en couple, 358 contre 353nm et en puissance, 305ch au lieu de 280ch pour la version précédente. Néanmoins une version préparée dite « 400R » voit son moteur passer à 2,8L et 400ch.

Nissan GT-R R33
Nissan GT-R R33

 

— Cinquième génération : Nissan Skyline GT-R type R34 (1999 à 2002)

Certainement une des versions la plus connue grâce à des jeux video comme Gran Turismo et beaucoup d’autres films. Avec un restylage plus carré et plus agressif, elle est raccourcie de 75mm et son empatement réduit de 55mm par rapport à la R33 pour plus de maniabilité. Elle existe en une multitude de version : GT-R toujours avec son 2,6L twin turbo de 332ch (annoncée à 280ch pour les normes japonaise) ainsi que d’autres variantes tel que les GT-R V-spec, V-spec 2, M-spec, Z-tune, M et V-spec Nürburgring etc… Elle est une des voitures les plus efficaces sur circuit. Elle détient notamment beaucoup de records sur piste, et a gagné de très nombreuses fois le championnat japonais JGTC.

Nissan GT-R R34
Nissan GT-R R34

 

L’ULTIME VERSION NOMMÉE GT-R :

Les dernières versions ne s’appellent plus Skyline GT-R mais seulement GT-R ou R35 pour les intimes car depuis 2007 Nissan est parti d’une feuille blanche pour cette version et plus comme avant du modèle Skyline. Elle a aussi le doux surnom de GODZILLA de part ses mensurations et du fait qu’elle « mange » beaucoup de voiture de sa catégorie voir même de la catégorie du dessus. Maintenant le moteur RB26DETT de 2,6L est remplacé par un tout nouveau moteur VR38DETT, V6 à 60° biturbo de 3,8L qui développe de 480ch et 600nm de couple pour la première version de 2007 jusqu’à plus de 600ch et 652nm de couple pour la dernière version NISMO.

Il y a actuellement 4 phases :
-Phase 1 : 2007-2010 480ch
-Phase 2 : 2010-2012 485ch et 530ch
-Phase 3 : 2012-2016 530ch et 545ch
-Phase 4 : depuis 2016 545ch, 570ch et 600ch pour la dernière NISMO 2017.

Nissan GT-R 2007 (première génération)
Nissan GT-R 2007 (première génération)

En parlant de chevaux, les chiffres cités au dessus sont assez aléatoires car chaque moteur est monté à la main à l’usine de Yokohama par seulement 4 techniciens sur-qualifiés. Ils sont appelé « TAKUMI » (ce qui signifie maître artisan) et montent les 374 pièces du V6 dans une salle blanche en 6 heures. Du fait de ce montage particulier et de la façon de faire le pré-rodage, aucun moteur n’a exactement la même puissance. Il est ensuite posé sur le moteur une plaque nominative avec la signature du maitre artisan qui a monté le moteur, classe ou pas classe ?!

L'équipe des "TAKUMI" à l'usine de Yokohama qui monte les moteurs des Nissan GT-R
L’équipe des “TAKUMI” à l’usine de Yokohama qui monte les moteurs des Nissan GT-R

Il y a aussi, à l’intérieur, un petit détail sympathique : l’écran du GPS. Il peut se transformer en vrai ordinateur de bord avec des indications tel que les G latéraux et longitudinaux, pression des turbos, diverses températures et la force exercée sur les pédales de frein et d’accélérateur. Un vrai jeux vidéo me direz-vous mais c’est un peu normal car c’est Polyphony Digital (créateur des menus et éditeur du jeux Gran Turismo) qui a conçu les menus et fonctions de l’ordinateur de bord.

Ecran gps par Polyphony Digital
Ecran gps par Polyphony Digital

Quelques chiffres, la GT-R abat le 0 à 100 km/h en 2,8 secondes, peut aller jusqu’à 320 km/h et tous ça avec 4 vraie places, un coffre et un bon confort avec ses suspensions Bilstein Damptronic. Boite de vitesse séquentielle robotisée à double embrayage 6 rapports avec palettes au volant et une transmission intégrale intelligente à répartition variable « Attesa ET-S » qui modifie en temps réel la répartition de la puissance sur les 4 roues selon les besoins et l’adhérence. Pour la version NISMO en plus d’un gain de chevaux et de couple, l’échappement modifié, elle se pare de divers inserts carbone, bouclier avant et diffuseur arrière modifiés pour plus d’appui aérodynamique et un aileron également repensé. Les suspensions aussi sont retravaillées avec des ressorts remplacés pour avoir 3 modes de conduite (confort, normal et R pour racing). N’oublions pas qu’elle à le titre de « voiture quatre places de production la plus rapide du monde », rien que ça….

Quand on sait qu’elle franchit le 400 mètres départ arrêté en 12,1 secondes et le 1000 mètres départ arrêté en 21,9 secondes, soit quasiment les performances d’une Ferrari 458 qui coûte de 204 000 € à 237 000 € alors que la GT-R version NISMO 2017 sera affichée aux alentours de 150 000€, et en plus vous pouvez rouler tous les jours avec et faire vos courses, ça fait réfléchir non ?

Nissan GT-R NISMO 2017
Nissan GT-R NISMO 2017

 

ET L’AVENIR DANS TOUS ÇA ?

Si avec la GT-R et la GT-R NISMO les ingénieurs et les patrons de la concurrence ont des bonnes grosses insomnies ou des crises de déprime, on se demande ce qui va se passer quand Nissan dévoilera la prochaine génération de sa sportive. Allons nous assister à une vague de démissions ? Des suicides ? Des reconversions dans l’élevage de chèvres ou la production de poireaux bio ? Difficile à dire mais les derniers bruits de couloirs annonce du lourd, du très lourd même.
S’il est quasiment acquis que la future GT-R (R36) sera une supercar hybride, et oui c’est une solution qui combine deux avantages : réduire les émissions et apporter un surplus considérable en terme de performance, nous avons la quasi confirmation qu’elle disposera toujours de son V6 3,8L Biturbo. Mais ce dernier serait dans une version revue et actualisée qui devrait faire passer sa puissance de 605ch à 660ch… Et ce n’est pas tout puisque la belle sera une hybride, ce bloc moteur sera associé à un groupe propulseur électrique fort de 136ch pour un ensemble combiné de l’ordre de… 795 chevaux !

L’association moteur thermique suralimenté et moteur électrique permettrait une augmentation substantielle du couple qui passerait de 652Nm à près de 1000Nm, de quoi monter les murs et assurer des reprises foudroyantes qui vont une fois encore laisser la concurrence sur place et les ingénieurs concurrent en train de pleurer la tête entre les mains.
A nouvelle motorisation, nouvelle boite de vitesse! C’est ce qui devrait se passer puisque la R36 va surement abandonner l’actuel boite DCT6, limitée en matière d’acceptation de couple moteur, pour une nouvelle boite à 8 rapports capable d’encaisser sans rechigner les chevaux et surtout les newtons-mètres en pagaille de la bête, tous cela avec une consommation annoncée inférieur au modèle actuel.

Pour ce qui est de l’esthétique, on peux voir sur internet beaucoup de photo-montages et de spéculations mais pour l’heure à part une apparition du concept car, Concept 2020 Vision Gran Turismo au salon de Tokyo 2015, il y a très peu d’informations disponibles.
Egalement difficile de donner une date précise pour sa sortie si ce n’est courant 2018 voir 2019. L’attente va être longue.

Concept 2020 Vision Gran Turismo
Concept 2020 Vision Gran Turismo

Voilà, en espérant que nous avons pu vous éclairer sur ce modèle emblématique qui nous fait rêver, qui affole les chronos depuis des années et qui n’a certainement pas fini..!

William B

Sources : wikipédia, autoblog, netcarshow, cnetfrance, autoradar, larevueautomobile, automobilesportive, nissan, road-racer.

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