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Essai Hyundai Tucson, flambeur ou barroudeur ?

Qu’il est difficile de se faire une place chez les SUV, difficile, mais pas impossible et ça Hyundai la bien compris en donnant un petit frère au IX35. A-t-il les atouts pour venir conquérir des coeurs ? Réponse immédiate…

Le Tucson 4WD, tous ça m’a donné des idées impures, des idées d’aller le tester en condition réelles, le 4WD est-il écrit sur le hayon pour la frime ou permet-il de sortir des sentiers battus et s’évader ne serait-ce qu’un moment à aller faire du tout terrain parce qu’après tout, le tout-terrain c’est cool !

Voici mon critère lors de ma demande de prêt à Hyundai. Je voulais un 4WD après la finition, la motorisation et la puissance m’importaient peu mais je voulais savoir à quoi correspondait le 4 roues motrices chez le constructeur sud-coréen. Le modèle d’essai est un Tucson 4WD 2.0L 136chv, boîte manuelle 6 en finition Executive le tout dans la teinte Moon rock.

Flambeur au premier abord

Osant un design plus agressif que son prédécesseur, l’IX35, le Tucson est très plaisant à voir dans le paysage automobile. Vous le croiserez souvent en blanc, mais lorsque d’autres teintes viennent habiller le SUV le rendu est inlassable. Ici, le Moon Rock rend le véhicule sobre et passe-partout renforçant l’aspect haut de gamme. Monté sur de belles jantes 19 pouces, le coté baroudeur que l’on peut lui chercher s’évapore pour laisse place au coté flambeur d’avoir un tel véhicule avec une prestance pouvant mettre plusieurs Allemands mal à l’aise. Le diffuseur arrière vient compléter le tableau en intégrant deux sorties d’échappements chromées.
Le Tucson laisse clairement apparaître qu’il est un SUV et que le 4WD est un gadget venant combler les pertes d’adhérence sur sols humide ou glissant, mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué n’est-ce pas ?

Une atmosphère valorisante… à condition de ne pas regarder trop près

Une fois que l’on ouvre les portes, on ne peut que rester ébahi devant la présentation que le Tuc-Tuc nous offre. Notre modèle d’essai possédait un intérieur beige c’est-à-dire que les sièges, le parti inférieur du tableau de bord, la console centrale et les portes sont revêtus de plastique beige. Visuellement c’est très joli, on sent l’effort de Hyundai vis a vis du bien être ressenti à bord de leur véhicule et le moins que l’on puisse dire c’est que ça marche. Toutes les personnes ayant vu l’intérieur ont été surprises : ” je ne pensais pas que c’était comme ça Hyundai”, me disaient-ils… Eh oui, les temps changent ! Mais, car il y a toujours un mais, une fois que l’on s’approche et qu’on effleure les plastiques on s’aperçoit qu’il ne s’agit que d’illusion. Si l’oeil est conquis, le toucher l’est moins, les plastiques sont durs et sonnent creux. Pour la partie sonnant creux, ça n’a guère d’importance à mes yeux, mais pour ce qui est du toucher c’est un tout autre jugement. Le même plastique est utilisé pour la partie haute du tableau de bord que pour la partie basse alors qu’en général la partie haute reçoit un plastique moussé. La déception quant à ce “détail” se fait sentir surtout sur un véhicule à 40 000 euros… On se contentera de toucher avec les yeux alors !

Vie à bord, presque parfaite

Il y a un point que j’adore chez Hyundai c’est la vie a bord. On se sent extrêmement bien dans le Tucson. Les compteurs restent basiques, mais efficaces et clairs tandis que le volant reçoit toutes les commandes nécessaires pour le conducteur sans entrer dans le surnombre de boutons. L’écran multimédia est tactile, mais garde les principaux boutons en physique. Viennent ensuite les commandes physiques de clim qui sont très simples à prendre en main sans quitter la route des yeux. Clim bizone, sièges chauffants/ventilés, etc, tout y est ! Continuons à descendre la colonne centrale, on arrive sur tout ce qui concerne les connectiques. Prise USB et jack incontournable et surprise, deux prises allume-cigares ! Une pour le conducteur et une pour le passager alors, c’est bien pensé. Mais (oui encore) c’est pour compenser le fait que les places arrière n’en reçoivent pas !
On arrive ensuite sur le levier de vitesse et quelques boutons utiles lors des sessions tout terrain.
Concernant le confort, j’ai été gêné par le dossier du siège que je trouvais trop ferme à mon gout. Pour ce qui est de l’espace proposé au passager et aux personnes situées à l’arrière, celui-ci est très correct. 4 adultes peuvent voyager sans souci et si un 5e venait s’ajouter au voyage le confort proposé est largement acceptable. Sur notre modèle, les sièges arrières étaient également chauffants, chose pas commune sur les véhicules, c’est gadget, mais sympa pour les week-ends au ski !
Le coffre offre 513 litres d’habitabilité, largement assez pour partir en vacances à 5 sans se soucier sur la taille des bagages.
Dans ce Tucson les kilomètres s’enchaînent sans difficulté ou inconfort. L’ambiance nocturne bleue change de l’ordinaire et saura vous rendre le trajet appréciable malgré l’heure avancée de la nuit. Le toit ouvrant est un plus qui fait toute la différence surtout lorsque celui-ci est complété par les sièges ventilés, forcément il fait moins chaud et on se fatigue moins vite.

Mangeur d’autoroutes (et de gasoil)

Régulateur enclenché sur 130, c’est parti pour le traditionnel Paris-Lyon. On ne peut qu’être surpris par le silence qui règne à bord du Tucson. Le 2.0L diesel sait se faire discret tandis que le véhicule absorbe les nuisances liées a l’air. Les bruits de roulements restent perceptibles mais l’insonorisation est un point qui m’a agréablement surpris, les kilomètres s’enchainent sans problème. Malgré les 136 chevaux que le 2.oL envoie au 4 roues, les relances sont douces pour la puissance annoncée. Cela reste correct lorsque l’on a besoin de dépasser sur autoroute, mais il manque un peu de caractère au moteur de ce côté là. Même constat pour l’accélération, dieu sait qu’il est agréable d’enfoncer la pédale de droite après le péage, mais sur le Tucson l’accent n’a pas été mis sur les performances et attindre la vitesse adéquate se fait sans bousculement. Côté consommation, le SUV avale près de 7,5L/100km sur autoroute, pas génial pour un diesel mais le confort qu’offre le bloc compense ce surplus d’appétit.

La ville ? Même pas peur

Loin d’être son terrain de prédilection, le Tucson s’apprivoise aisément dans un environnement urbain. Bien sûr, il ne faut pas oublier le gabarit global de la voiture malgrét tout le Coréen sait se faufiler dans la circulation et les ruelles sans trop de mal. Le confort des suspensions permet d’oublier les pavés qui revêtent certaines routes et la direction douce nous donne l’impression de conduire un poids plume. Encore une fois le moteur manque de peps, il ne faut pas hésiter à pousser les vitesses pour éviter de ramer une fois la vitesse supérieure enclenchée. Ici la consommation s’établit aux alentours de 8.0L/100km, mais il est possible d’obtenir un score moins élevé.

Des routes, une campagne et un TucTuc

Sur les routes de campagne, le Tucson fait le boulot. Toujours dans un confort plus qu’agréable, le SUV domine la route et emmènera ces occupants à bon port. Le dynamisme n’est pas de mise pour le 4×4, sa tendance au roulis oblige d’anticiper les virages et si pour peu que l’anticipation soit mauvaise la tenue de route sera là pour rattraper la bêtise, ouf ! Pour un gros gabarit, le TucTuc possède une tenue de route très sécurisante. Mais la conduite dynamique n’a pas lieu d’être sur ce genre de véhicule. Le must étant de rouler toit ouvert, fenêtres ouvertes et sièges ventilés ou chauffés selon la température. Une fois ces choses faites, on souhaiterait que le trajet ne se finisse jamais !

Mais alors, baroudeur ou flambeur ?

Afin de répondre a la question, le Tucson et son système quatre roues motrices sont-ils vraiment efficaces, nous nous sommes rendus sur un terrain de 4×4. Mais un vrai terrain de 4×4, là où des protos viennent tourner, où les voitures sont mises à rudes épreuves, là où les tonneaux deviennent plus un jeu qu’une crainte, bref dans la cour des grands. C’est à Belley sur le terrain du club “Furet 4X4” que nous nous avons rendez-vous. Les responsables du terrain nous rejoignent et s’étonnent de notre monture. “C’est avec ça que vous voulez faire du cross ?” nous disent-ils. “Oui c’est bien avec ça, mais on a foi en lui !” rétorquons-nous. Les responsables nous montrent un itinéraire pouvant être franchi par un crossover. C’est parti ! Je bloque le différentiel des ponts et je commence à parcourir lentement les différentes crevasses qui se dressent sur le chemin guidé par notre accompagnateur. Le responsable du terrain me donne des conseils sur comment passer les crevasses, comment utiliser le transfert de pont a bon escient, bref je suis bien entouré et conseillé. Le TucTuc s’en sort honorablement et impressionne l’examinateur qui, pour la fin, nous réserve l’épreuve ultime : une côte pleine de caillasse et de terre à gravir. Pour être franc on ne pourra pas la gravir car un gros caillou nous barre le chemin et le Tucson possède une garde au sol trop basse pour oser le franchir, mais le but sera de monter le plus haut possible et de se stopper avant ce caillou. L’exercice sera répété plusieurs fois et chaque essai est concluant. La répartition de la motricité est très efficace et compense les manques d’adhérences que certaines roues peuvent subir.
L’examen est passé, le Tucson s’en sort et impressionne dans son comportement. Pas besoin de s’appeler Audi Quattro ou BMW Xdrive pour oser s’aventurer dans les chemins. Bien sûr il ne faut pas oublier que le Tucson n’est pas fait pour du Offroad, mais il est possible d’en faire en tenant compte de la garde au sol.
Alors pour répondre à la question, non le Tucson 4×4 n’est pas un flambeur. Le badge fait bel et bien référence à une aptitude que le SUV est capable de démontrer à quiconque souhaite remettre en cause cette dénomination !

Bilan

Le Tucson a de beaux jours devant lui. Malgré ces matériaux pas forcément flatteurs lorsque l’on regarde de trop près, il possède des qualités routières qui feront oublier ces défauts. L’équipement proposé est très correct mais pas indispensable comme les sièges chauffants à l’arrière ou le volant chauffant, tout comme le système 4 roues motrices. La majorité des Tucson seront vendus avec le 1.7L CRDI 115 chevaux. Pour l’habillage intérieur, je vous conseille d’oser la couleur, beige, rouge, mais d’éviter le noir qui assombrit énormément l’atmosphère. Idem pour la teinte, oublier le blanc même si elle reste la couleur la moins chère négociez pour un beau bleu voir le rouge !
On ne peut que saluer l’effort du constructeur coréen à proposer des voitures agréables à regarder, conduire et à vivre. Le Tucson ne fait qu’arriver sur le marché, ouvrez l’oeil, on en croise plus que ce qu’on pourrait croire.

Merci à Hyundai pour le prêt et au Furet Club 4×4 pour leur gentillesse !

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À propos Chef

Bercé au rythme des rallyes ma destinée était tracée alors en grandissant j'ai continué à faire vivre ma passion allant des 1/43 jusqu'aux réelles aujourd'hui. Alors je garde ma passion comme passion en faisant profiter le maximum de personne pour un amour automobile collectif et partager. Ma première voiture ?! Une Super 5 Baccara, ça dépote !
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