Lancia Trevi : l’OVNI venue d’Italie.

Je vous raconte souvent l’histoire de voitures qui ont marqué l’histoire de l’automobile, cette année 2016, marque l’anniversaire de la marque italienne Lancia (et de sa mise à mort, à part ça… Elle vend plus qu’Audi si si !). Avant de revenir plus précisément sur l’histoire de la marque, j’ai décidé de vous raconter parmi tous les OVNIs qu’a pu produire la marque (et y en a un paquet..) l’histoire incroyable de la Trevi connue pour son tableau de bord des plus… Étrange !

Après le rachat de la marque à la lance en 1969 par une petite société italienne du nom de FIAT, le groupe italien va découvrir que la marque n’a… Aucun projet, littéralement ruiné par les nombreux engagements sportifs de la marque, la famille Lancia a semble-t-il légèrement oublié de préparer l’avenir et n’a absolument rien dans les cartons.

Fiat lance le projet d’une berline bi-corps, puisqu’il paraît que c’est LA tendance et Citroën fera de même en 1974 avec une certaine CX (lire : Citroën CX), bon on ne va pas se mentir pour le coup Lancia pompe goulûment un concept de la marque britannique BMC, qui inspira aussi la française. En 1972, Lancia présente la version de série de sa nouvelle bêta. Pour l’anecdote, la berline étant la première voiture sous l’ère Fiat, elle reprendra le nom du second véhicule que la vénérable marque italienne sortie en 1909, prenant ainsi le soin de ne pas baptisé la Bêta en Alpha, pour ne pas froissé l’ennemi de époque : Alfa Romeo.

A sa sortie, la bêta ne reçue pas l’accueil espérer par les dirigeants de Fiat. Les habitués de la marque italienne voyant d’un mauvais œil cette berline deux volumes, eux, habitués aux trois volumes des  habituels Lancia… Qu’importe, Fiat écoute les clients et se met à réfléchir à une solution, ainsi à la façon de Frankenstein. On décida de tronçonner la bêta deux volumes afin de plaire à cette clientèle exigeant une trois volumes.

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Le drame arriva en 1979, date à laquelle Fiat allongea le bestiaux avec un porte-à-faux arrière plus long, ajouta une malle trop courte, collant un plastique triangulaire afin de faire trompe l’œil sur le montant C, tout cela dans le but d’alléger la ligne, sa vitre de custode trop verticale et sa ligne de caisse trop haute, le bébé était laid.. On pourrait dire que cette voiture est la version métallique de Frankenstein… Selon mes sources, mais je n’ai pas eu de confirmation, on doit le design de la bêta Trevi à Pinninfarina (!) étrangement il n’y a aucun signe ou logo du célèbre artisant sur le véhicule, par manque de preuve on met cette histoire entre guillemets. Si vous imaginez déjà que la Trevi porte le nom de la célèbre fontaine de Trevi, vous avez donc tout faux, Trevi c’est pour tre volumi soit trois volumes, pas de quoi réfléchir trop longtemps.

Voilà pour l’extérieur, autant vous dire qu’en 1980, la Trevi a encore réussi à faire pleurer le peu de clients qui n’étaient pas encore parti chez les allemands…

Le plus intéressant dans cette voiture réside dans son intérieur, si la Trevi n’est pas en soi une mauvaise voiture (elle profitera du système Volumex), l’intérieur va à son tour en dérouter plus d’un… Chez Fiat et Lancia on a dû se dire qu’avec un physique pareil il fallait faire fort pour l’intérieur, du coup Lancia contacta le désigner Mario Bellini… Qui ponda le célèbre Gruyère ou plus familièrement le “nid à poussières“, c’est pas qu’il était étrange ce tableau de bord, mais pour rester poli ce délire de designers à juste réussi à dérouter tous les journalistes et les clients de l’époque. Le but était de rendre la voiture le plus lisible possible à son conducteur afin de connaître en temps réel l’état de la voiture ainsi on pouvait voir : le niveau d’huile, le tachymètre, le compte tour… puis j’en passe, en tout on compte 29 trous et de toutes les tailles, des plus ou moins petits et grands !! Pour la petite histoire furieux Fiat demanda à la direction de Lancia qui avait bien pu valider ce truc, évidemment chez Lancia on ne savait pas…

Tout le reste de l’intérieur est traité de la même façon. L’habitacle est vaste et se veut confortable, les fauteuils et la banquette arrière hérite d’un dessin  moderne afin de proposer  un rendu tendu. Très peu de forme droite, place à des formes douces et rondes ! Les cendriers intégrés  aux portières s’ouvre par simple pression, on retrouve une montre digitale (c’est le grand luxe monsieur !), ainsi que des tablettes de voyage et des vitres électriques à l’avant.

Produite durant 5 ans la trois volumes italienne s’éteint en 1985, après seulement 36.784 exemplaires… La presse l’aura détruite, les clients l’auront incomprise et par son physique elle aura fait fuir le moindre client potentiel.

Mais si votre petit cœur est touché par son histoire, misez sur la Lancia Bêta Trevi ! Alors certes, elle ne pètera jamais la moindre enchère à Rétromobile mais vous achèterez un bijou d’excentricité comme seul Lancia a su faire et je lui trouve un certain charme désuet. Vous pourrez toujours vous dire que vous roulez dans la voiture de Frankenstein ! Et pour finir je citerai Giovanni Agnelli, qui dira avec passion lors du rachat du canard boiteux du Chivasso  « Fiat plus Lancia ne sera jamais aussi fort que Fiat sans Lancia ». Le temps semble avoir bien changé !

Sources:

P.O.A

Lancianet

l’automobileancienne

Netcarshow (en anglais)

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