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Peugeot 308 GTi, un caractère bien trempé

Après m’être familiarisé avec la 308 GT, avoir apprivoisé la féroce 208 GTi BPS, il était temps pour moi d’essayer LA sportive star de Peugeot, la 308 GTi ! 

La 308 GTi a pour vocation d’offrir cette sportivité bien propre à Peugeot Sport autorisant cette dose de fun sans laisser de coté l’aspect performance. GTi n’est pas qu’un nom chez le Lion, c’est un état d’esprit, un art de vivre à part entière alors après 1 semaine passée derrière son (petit) volant, je peux vous dire que j’ai bien cerné cet état d’esprit.

Cette GTi reprend le bloc moteur du coupé RCZ R, le très controversé 1,6L THP dont la puissance grimpe jusqu’à 270 chevaux délivrant ainsi un couple de 330 Nm. Ces chiffres sont donnés par le constructeur mais tout amateur de Peugeot sait que le THP ne délivre pas ces chevaux. Alors la première épreuve que la sportive a subi a été un passage au banc, gracieusement offert par Shiftech Lyon, afin de découvrir ce qui se cache sous le capot. Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’au lieu des 270 chevaux annoncés le modèle m’ayant été prêté ne délivre “que” 263 chevaux. Par contre la grande surprise fut de constater un couple de 360 Nm disponible dès 2800tr/min. Ce ne sont pas 7 chevaux en moins qui vont m’arrêter et le gain du couple rattrapera cet appendice. 360 Nm de couple est un score honorable surtout pour la petite cylindrée qu’est le THP. À titre de comparaison, la Mégane RS III Trophy 275 tire 360 Nm de son bloc 2L. Les chiffres ne font pas tout et il me tarde d’arpenter les routes de cols que me réservent l’arrière-pays niçois et les classiques Monts du Lyonnais.

Malheureusement les premiers trajets passés au volant de la GTi étaient de l’autoroute, des bouchons et encore de l’autoroute… Faire un Paris-Nice en 14 heures ça n’a pas de prix !

Mais avant d’attaquer la partie dynamique, je vais vous faire une présentation de mon modèle d’essai.

La coupe franche, le brushing parfait

La 308 GTi a du caractère, de la férocité et pour moi c’est la coupe franche qui retranscrit au mieux cette voiture. D’un côté nous avons le rouge Ultimate, la passion, la noblesse, le bonheur mais aussi la colère, la violence et la guerre… De l’autre côté, nous avons le noir Obsidien, le côté obscur, la méchanceté et … la mort. La symbolique est là et parle d’elle même, si sa robe rouge est là pour charmer les téméraires voulant affronter une 308 GTi, le noir vous fera vite comprendre qu’à ce jeu une seule issue est possible, vous finirez par admirer le popotin de la dame. Bref, tout ce blabla pour vous dire que lors de ma demande de prêt à Peugeot France j’ai surtout appuyé mon désir d’avoir cette coupe franche.

Mais cette coupe franche est bien la seule touche d’exubérance que la sportive peut offrir. Ses équipements externes faisant d’elle une GTi plutôt qu’un GT ou une 308 “classique” sont pauvres. Cependant, la calandre avant reçoit une nouvelle grille d’aération noire laquée avec l’emblème de la marque en position centrale. Les modèles recevant le rouge Ultimate possèdent une lame chromée au niveau de l’entrée d’air située à fleur de route tandis que les autres teintes voient cette lame passer au rouge. Les badges GTi sont fixés sur les ailes avant, mais le profil reste inchangé. L’arrière fait aussi dans la discrétion, le sigle GTi sur le coffre et un diffuseur noir laqué contenant deux sorties d’échappement finissent le tableau sportif de la GTi. Peugeot a souhaité rendre sa sportive discrète, c’est la demande qui veut ça, mais pour le coup je reste cruellement sur ma faim.

Rouge et noir, à l’image de Stendhal

Qu’il serait content notre écrivain, de voir que sa plume inspire encore aujourd’hui. Coupe franche à son image, intérieur à son honneur. En effet, aucun dépaysement à s’installer dans la 308 GTi, on retrouve cet aspect bi-ton. Plastiques noirs et touches de rouge données par les surpiqûres garnissant le tableau de bord, le volant, les beaux sièges, les tapis de sol ou encore les contre-portes. Malgré ce contraste, l’intérieur manque de piquant surtout quand on a une GTi entre les mains, sans présence du badge sur le volant, peu d’éléments nous laisseraient penser que nous sommes à bord d’une sportive. Mais l’effet sobre et passe-partout fait son effet car les retours qui m’étaient faits, étaient positifs, tant mieux ! Pour ce qui est du système multimédia et du i-cockpit, je ne reviendrai pas dessus puisque j’ai déjà donné mon point de vue lors du test de la 308 GT que je vous invite à lire si cela n’a pas déjà été fait.

Mais alors, qu’est-ce qui l’a différencie vraiment d’une GT à l’intérieur ?

Tout d’abord les sièges. Reprenant ceux de la RCZ R, ils sont exclusifs à la GTi. Garnis de cuir/tissu/alcantara, ces sièges sont de pures merveilles. Confortables quand il le faut lors de longs trajets d’autoroute, un dossier pouvant maintenir n’importe quelle morphologie grâce à son réglage électrique et un appui-tête réglable en hauteur. Cela peut paraître anodin dis comme ça, mais peu de sportives possèdent cet atout qui vous fera oublier les heures d’autoroutes. L’option “massage”est de mise sur la GTi, mais par massages il faut comprendre “petites compressions sur les lombaires afin d’apaiser les maux qui pourraient apparaître”, gadget oui, inutile pas sûr, une fois qu’on y prend gout, on les active dès qu’on roule.

Un autre détail faisant de la 308 une GTi est la marque rouge sur le volant afin de savoir l’angle du volant, renforçant l’esprit course.

Le constat est fait, peu d’éléments reflètent la philosophie. On aurait pu espérer une baguette rouge/noire à damier sur le tableau de bord passager afin de mettre un peu de “quelque chose” sur cet espace vide. Mais encore avoir le même traitement de faveur que la 208GTi By Peugeot Sport a eu quant à sa moquette rouge.

L’état des lieux est fait, maintenant place au dynamisme !

Elle cruise bien, même très bien !

Durant notre road-trip, ce ne sont pas les heures d’autoroute qui ont manqué. Alors avec 270 chevaux et une petite cylindrée je n’étais pas forcément rassuré d’enchaîner les heures surtout vis-à-vis de la consommation. Mais mes craintes n’avaient pas lieu d’être, avec une moyenne de 130 km/h, la 308 s’est stabilisée à un petit 8,1L/100km ! Les reprises en 6e se font sans faire rechigner le moteur, emportant la sportive dans un silence appréciable. Il faudra tendre un peu l’oreille pour entendre le moteur et ses 3000tr/min tandis que les bruits de roulement et bruits d’air sont plus présents. Rien d’inaudible heureusement mais une élévation de la voix reste nécessaire pour s’adresser à son copilote. L’échappement est d’une discrétion qu’on se demande s’il fera un jour du bruit. Mais je me suis vite aperçu qu’il suffisait que je remette un chouia de gaz pour l’entendre crépiter timidement à chaque touche d’accélérateur. La 308 GTi garde les qualités de routière d’une 308, pas d’encombrement sonore (comme se fut le cas avec la 208 GTi BPS ou la Honda Civic Type R) et c’est un point que j’apprécie fortement.

Le cirque urbain ou la tolérance…

Certes l’urbain n’est pas son terrain de jeu favori, mais il reste néanmoins une agréable partie de plaisir. Le THP exprime une fois de plus sa douceur et sa souplesse vous faisant oublier le caractère de la voiture. Toujours aussi agile grâce à son petit volant, se faufilant dans les ruelles du vieux Nice ou jonglant entre les arrêts impromptus de véhicules sur la promo’.

L’étagement de la boite permet de vadrouiller en 5e voir 6e assez facilement pour le peu que la circulation soit fluide. Mais le gros point fort de cette 308 reste les amortisseurs ! Peugeot a fait un travail remarquable sur cette GTi. Ne voulant céder à la suspension pilotée, l’attente était de mise quant au confort de la GTi. Eh bien l’amortissement est super bien géré et je pèse mes mots ! Les aspérités de la route sont encaissées sans grand mal même si le côté raide/sportif est présent, mais cet appendice est plus dû au montage pneus/jantes 19 pouces taille basse. Pour la conso il faut compter un bon 9L/100 tout en poussant la voiture de temps en temps histoire d’entendre ses petits crépitements de bonheur !

308 GTi quand le lion sort ses griffes.

Quand on a une 308 GTi il y a deux choses que l’on veut faire : du circuit et s’enfuir dans les lacets. J’ai eu la chance de pouvoir réaliser l’une des deux. Sans grandes surprises le circuit ne sera pas pour de suite, mais j’ai tout de même pu profiter des reliefs de la région PACA et Rhône-Alpes pour me faire un avis sur le caractère sportif de la lionne. En mesure de donner mon verdict de conducteur lambda, le premier mot qui me vient à la bouche (ou aux doigts) est : inépuisable. J’aurais pu dire bluffante, étonnante et tant d’autres adjectifs communiquant ma surprise quant à son caractère, mais ce n’est pas ce qui l’a défini le mieux et je vais vous conter pourquoi.

Le THP ne demande qu’à voler dans les tours quitte à se montrer capricieux en sortie d’épingle. Garder la 2de enclenchée fera râler et vibrer la caisse tandis que repasser la première semble inutile puisqu’elle ne transmet aucune puissance et sert “juste” à lancer la voiture. Mais une fois que le THP prend son envol alors il devient rageur. La zone rouge arrive vite, le rupteur se déclenche, tac-tac-tac, le passage de vitesse donne un élan à la voiture qui reprend son sprint toujours plus vite qu’auparavant puis arrive le virage. J’ai pour (mauvaise ?) habitude de freiner tard, mais fort, alors voyons ce que les freins PeugeotSport à 4 pistons de 330 mm ont dans le ventre. Reprenons, le virage arrive, une droite 2 longue qui s’ouvre. Je plante les freins, la voiture se place gardant la trajectoire voulue ou jouant sur les masses pour aller chercher le plus large possible sans toutefois oublier que la route est ouverte. Le virage s’annonce, je soulage les freins tandis que le Torsen me chuchote à l’oreille : “tu sais mon grand, avec moi tu peux y aller plus fort”. Je tiens la trajectoire et une fois arrivé en milieu de virage et que celui-ci commence à s’ouvrir, je redonne ce petit filet de gaz redonnant à la voiture toute sa motricité. Une fois les roues “presque” droites, j’enfonce la pédale des gazs et la voiture repart sans crainte dans sa course. L’histoire se répète encore et encore jusqu’à atteindre ma destination. Je sors de la voiture avec un sourire sur le visage. Cette sportive est formidable, non sans défaut, mais terriblement attachante. La direction offre ce feeling qui permet de placer la voiture là où bon me semble, de ressentir la route sans que celle-ci soit trop souple ou trop dure. Le jeu de pied est dicté par la règle du tout ou rien bien propre à Peugeot. C’est sport même si ça l’est moins que sur la 208GTi BPS. Et le freinage … c’est surement le meilleur point de cette 308GTi, il y a toujours du mordant ! Certes parfois il faut aller le chercher un peu plus loin dans la pédale, mais il est bel et bien là. Le train avant encaisse sans broncher les 1205kg de la bête et permet de faire passer les 270 chevaux sans ombre de sous-virage, il faut le vouloir et y aller fort pour sous-virer. Et pour le survirage il sera d’autant plus dur d’aller le chercher sachant que le frein à main est … électrique… petite déception sur ce point-là, les adeptes du câble devront faire avec, ou sans.

Vous l’aurez compris, cette 308 GTi est efficace et fait le boulot. Je ne la donne pas gagnante face à une Megane RS Trophy ou autre voiture ultra efficace dans cet exercice, mais pour l’usage que j’en ai eu, la 308 comble entièrement mes attentes. C’est avec grande sérénité que j’ai pu arpenter le col de Turini ou les Monts du Lyonnais et dieu sait que ce sentiment est important quand notre conduite se veut dynamique. J’ai pris mon pied avec cette 308 GTi et ce sur n’importe quelles routes. Au final la GTi n’est pas la plus radicale de toutes les sportives mais elle offre une polyvalence parfaite pour l’adopter au quotidien, que votre trajet comporte sa dose de ville, d’autoroute ou de routes escarpées, la 308 saura vous faire traverser ces épreuves en adaptant son caractère en fonction du terrain à braver. Cet argument fera chavirer des cœurs !

Au final ce sont 4000km passés au volant de la 308 GTi, un plaisir apprécié dans n’importe quelles conditions et cet esprit GTi bien présent. Mais il manque la petite touche de fun qui ferait d’elle une GTi au même titre qu’une 309 GTi 16S. La 308 GTi reste une familiale vivable au quotidien faisant oublier l’aspect sportif du véhicule, mais une fois que le ton est donné, la voiture se transforme. Niveau conso ma moyenne sur ce road-trip s’est établie à 9,9L/100. Un score très raisonnable pour cette petite cylindrée suralimentée.

Alors pour tous ceux qui veulent vivre sport sans s’aventurer trop loin dans le radical, cette 308 GTi est faite pour vous ! (et pour moi également)

Merci à Peugeot pour ce prêt !

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À propos Lucas Schaffuser

Bercé au rythme des rallyes ma destinée était tracée alors en grandissant j'ai continué à faire vivre ma passion allant des 1/43 jusqu'aux réelles aujourd'hui. Alors je garde ma passion comme passion en faisant profiter le maximum de personne pour un amour automobile collectif et partager. Ma première voiture ?! Une Super 5 Baccara, ça dépote !
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