Mégane 4 GT

Mégane 4 GT : mi-ange, mi-démon !

“Incroyable” – “C’est dingue ce que Renault à fait !” – “Sur le c*l” – “Wow, alors là je ne m’y attendais pas..”. La messe est dite, voilà un aperçu de vos réactions que j’ai pu entendre lors des différentes rencontres entre vous et la Mégane 4 GT.
J’attendais de pied ferme la GT, déclinaison la plus sportive de la nouvelle Mégane à l’heure actuelle, c’est un prémice à la future Mégane 4 RS de la marque française. On va voir ensemble si c’est de bonne augure ou pas.

Après 3000 kilomètres au volant de la française je n’ai toujours pas réussi à me faire une opinion sur la belle et Dieu sait que ça m’ennuie. Je n’arrive pas à savoir si c’est une GT trop sport ou une sport trop GT.

Commençons par le début, c’est à dire l’extérieur.

Déjà elle a de la gueule. Stationnée dans le parking du parc presse au mileu des Talisman et autre Espaces noir ou gris, le bleu attire votre oeil indéniablement, c’est pas un bleu normal, il a des reflets plus foncés certaines fois voir légèrement violets suivant la lumière. La Mégane GT existe dans des variantes de noir ou de gris, si vous voulez sortir du lot optez pour un Rouge Flamme ou un Bleu Iron. J’ai pu voir le rouge sur une GT dans le parc presse de Renault et j’ai eu du mal à accrocher pour être honnête. Le bleu lui va à merveille. Pour continuer sur l’extérieur les jantes sont siglées avec un logo GT du plus bel effet.
Je passerai rapidement sur la nouvelle signature lumineuse des phares avants et arrières à LED qu’on a déjà pu voir sur la Talisman. La Mégane GT profite de feux LED automatiques ainsi que des feux de routes automatiques (désactivables si besoin).
Le pare-choc arrière est tout aussi sympa, les deux canules sont bien intégrées mais si vous vous approchez vous remarquerez que celle de droite est fictive. Hé Monsieur Renault ça ne doit pas coûter très cher de faire un bout de tuyau supplémentaire, ça aurait eu le mérite de faire vraiment sport.. Parce que du coup j’avais une canule sur les deux de sales, ça le fait moyen. Le diffuseur arrière profitera également de stries style F1 comme on peut le voir sur la Clio 3 RS ou 4 RS.
Contrairement à la 308GT, si vous arrivez à toc derrière une voiture sur l’autoroute, la Mégane GT est identifiable très facilement. Et si jamais, le conducteur ne vous a pas vu arriver, un appel de phare est largement possible mais mettez vos lunettes de soleil, les phares sont tellement blancs et puissants qu’on dirait un flash de radar quand vous faites un appel. On ne va pas se plaindre, ça a le mérite de réveiller les conducteurs assoupis sur la voie de gauche.

Bienvenue à bord !

Une fois le tour extérieur de la voiture fait, le plus important reste à venir : l’habitacle. Eh oui, vous avez beau avoir une belle carrosserie mais si l’intérieur ne ressemble à rien, vous n’allez pas vous y plaire. Coup d’bol, la Mégane 4 GT a un intérieur plutôt joli. Alors oui, ça ne fait pas l’unanimité, on a tous un petit truc à redire mais les goûts et les couleurs.. Hein, voyez c’que j’veux dire.
Dès l’ouverture de la porte, les choses sérieuses vous sautent à la figure, BAM un baquet siglé Renault Sport apparaît, vous vous asseyez, tournez la tête à droite, re-BAM un autre baquet. Diantre. La Mégane 4 GT annonce directement la couleur à son conducteur. Tiens en parlant de couleur, l’ensemble des sièges baquets sont en alcantara avec des surpiqûres bleus. C’est de toute beauté comme dirait Eric ! Les sièges baquets vous maintiennent parfaitement, ils sont autant confortables pour faire un Paris-Nice dans la même journée sans avoir mal au dos le soir, tout comme ils sont capables de vous maintenir quand il s’agit de voir ce que la Mégane a dans le ventre.

Une fois installé correctement, vous faites face à un compteur central entièrement numérique, sur la gauche de ce compteur la température d’eau et à droite la jauge à essence (pétard qu’elle descend vite celle-là !). D’ailleurs, le compteur (vitesse + comptes tours) est personnalisable selon 4 styles d’affichage.
C’est bien simple la Mégane 4 GT s’adapte à son conducteur. J’veux dire par là que vous avez 4 modes de conduite : Confort / Neutre / Sport (j’l’aime bien celui là) et Perso. Le mode Confort vous offre des passages de boîte vraiment doux, aucun à-coup lors des passages de rapport, la vitesse monte tranquillement pour atteindre votre rythme de croisière. Le mode Neutre lui vous offre une Mégane 4 GT “normale”, on ressent légèrement les à-coups lors du passage supérieur de la vitesse m’enfin bref c’est neutre. Le mode Perso est personnalisable à fond, je l’avais mis en économie au maximum. Viens en dernier le mode Sport qui vous transforme la voiture du tout au tout.
Chacun de ses modes est personnalisable. C’est à dire que pour le mode Confort, vous pouvez choisir la couleur de l’habitacle (Vert/Bleu/Jaune/Rouge/Violet) vous pourrez également changer un ou deux autres paramètres mais les 3 premiers modes ont des paramètres verrouillés. Le dernier, Perso, est réglable comme vous le souhaitez : confort thermique, choix du style de compteur central ou encore couleur de l’habitacle.. Bref c’est votre mode et vous vous faites la Mégane 4 GT que vous souhaitez.
Une fois que vous avez tout bien réglé votre compteur, passons à l’affichage tête haute. Bon là pas grand chose à régler à part la hauteur. J’ai toujours considéré cette technologie comme un gadget inutile. Erreur. Pour l’avoir eu durant une semaine j’ai pu m’apercevoir qu’on y gagne en fatigue et en sérénité. Fini les allers retours sur le compteur ou l’écran central pour savoir où aller quand le GPS est en marche. L’ATH vous informe de votre vitesse actuelle, de la limitation de vitesse sur la route actuelle, du régulateur adaptatif (on y reviendra plus tard) et des informations GPS pour vous faire arriver à bonne destination.

Justement tiens, la destination se règle sur l’écran central et pas n’importe quel écran. Un écran tactile de 8,7 pouces est implanté verticalement. L’écran est immense et j’avoue avoir eu la trouille d’avoir un système multimédia qui rame et qui me fasse perdre la tête pour comprendre comme ça fonctionne. Que nenni ! C’est super intuitif, le tactile répond bien, pas de lag visibles, une fois l’ensemble des options d’affichage et autres configurées (et y’en a un paquet) vous êtes paré à prendre la route.
Donc GPS efficace avec répétition des infos dans l’ATH, BlueTooth génial également. Vous connectez votre téléphone la première fois et après le système le détecte tout seul, vous gérez votre musique, vos appels ou SMS directement depuis l’écran. Ah d’ailleurs, j’ai été également surpris de voir qu’il y avait des applications de dispos, eh oui il y a le R-Link Store, outre le quizz pour les enfants qui passera le temps dans les bouchons (on a testé le quizz et c’est pas facile..) vous trouverez.. Coyote ! Si lors de la connexion Bluetooth de votre téléphone, vous autorisez la voiture à utiliser votre data Internet vous pourrez bénéficier de Coyote. Pratique mais casse b*rne au niveau des alertes. Ça ne fait que biper ! Alors oui, c’est sympa mais sur un trajet de 800 bornes vous aimeriez bien que Coyote soit silencieux et il est impossible de couper le son de l’application. Vous pouvez couper le son de l’alerte en cours mais pas des suivantes. Je n’ai pas trouvé non plus comment laisser coyote m’avertir des dangers sur la route (par danger j’entends les radars qu’on soit d’accord sinon je ne l’aurais pas lancé voyons !) si je voulais utiliser le GPS en même temps donc c’est soit l’un soit l’autre ou alors GPS d’abord puis bascule sur coyote. C’est une bonne idée de l’avoir intégré mais ça mériterait un approfondissement pour l’usage quotidien.
Sinon, quand j’arrive à faire taire l’animal je peux profiter du son Bose qui est fort sympathique une fois réglé à ma guise. Lancez votre playlist et profitez, c’est génial. Du son, du son et encore du son. Outre les bruits des insectes qui viennent s’éclater contre mon pare-brise, la française est silencieuse, on n’entend pas le moteur de la Mégane 4 GT sur l’autoroute, 3 000tr/min à 130 sur l’autoroute, la boite EDC avec ses 7 vitesses facilite grandement ce calme à l’intérieur de l’habitacle.

Tiens parlons moteur, la Mégane 4 GT profite du 1.6 TCe de 205 chevaux, l’ensemble est couplé à une boîte auto 7 rapports. Pas grand chose à dire, les 205 chevaux sont empruntés au bloc déjà en place dans l’actuelle Clio 4 RS . Tout comme la C4RS, la Mégane 4 GT  manque de couple à bas régimes, ce qui l’empêche d’avoir des décollages express ou de vives relances. Tombez un rapport et vous aurez une patate suffisante pour doubler les papis et mamies endormis.
PS : pour les décollages express en sortie de péage, vous avez le Launch Control de disponible sur la voiture, utilisable 1 500 fois maximum selon Renault. A l’arrêt, enclenchez le mode Sport, pied gauche sur le frein, le droit qui enfonce l’accélérateur, vous tirez les deux palettes vers vous. Vous verrez alors s’afficher 3 feux tricolores (comme un départ de F1), appuyez à fond sur l’accélérateur, lorsque les 3 feux sont au vert, gaz en grand et PROFITEZ.

Mégane 4 GT
Mégane 4 GT

En parlant de vitesse, avec le système 4Control, les roues arrières braquent à l’inverse des avant sous 60 km/h (sous 80 km/h en mode Sport) pour privilégier l’agilité, puis dans le même sens au-delà pour renforcer la stabilité. C’est dingue. Mais vraiment, alors pour être honnête avec vous, ça ne m’a pas surpris au début par contre j’ai commencé à le ressentir quand il a fallut faire des manoeuvres en ville ou quand il a fallu prendre des belles épingles dans le Col du Turini. Mais le moment de jouissance absolu a été lors de la balade organisée le dimanche avec vous, les fans, l’ensemble des voitures présentes ont dû prendre un virage en faisant deux manoeuvres. La Mégane 4 GT a passé le virage en une seule fois, sans encombre grâce au 4Control, une merveille je vous dis ! Les retours que j’ai eu sur le 4Control ont été “on dirait un serpent, elle vole sur la route”.
La sensation d’efficacité dans les virages est proche de l’irréel, tant la française recule les limites d’adhérence… Les pneus crissent mais la voiture ne bouge pas d’un cheveu, s’en est limite pervers parce qu’on cherche à pousser la voiture dans ses derniers retranchements et je n’ai jamais pu la prendre en défaut. Elle vous confine un sentiment de puissance et de confiance qui ferait de vous un pilote (mollo, j’ai dis ferais, hein !). Je ne pensais pas que ce système apporterait autant à la conduite, que ce soit à basse vitesse en ville pour se garer (d’ailleurs la Mégane profite du Park Assist) ou quand on peut ouvrir et profiter de nos routes de campagne pour se faire plaisir. J’ai vraiment été très impressionné par son efficacité et sa valeur ajoutée au quotidien !

GT pour Grand Travers ?

Il semblerait que la Mégane 4 GT ne soit pas forcément badgée Grand Tourisme quand il s’agit de la cravacher. GT ça serait plus pour Gâchette Terrible car autant pour enchaîner les bornes, la Mégane est géniale par contre quand il faut rouler là c’est une tout autre paire de manche ! On pourrait s’attendre à avoir une française qui roule des mécaniques avec ces inscriptions Renault Sport détrompez-vous parce que j’en ai surpris plus d’un lorsqu’ils ont vu la Mégane 4 GT à l’oeuvre. Comme je le disais précédemment, les limites de l’adhérence sont repoussées très très loin, le 4Control fait un travail phénoménal, ce qui permet de rentrer et ressortir toujours plus vite dans les virages. Imaginez vous au volant de la Mégane, mode Sport enclenché, le 4Control qui vous assure une adhérence optimale, les doigts rivés sur les palettes pour changer les rapports, un pied droit qui frétille et des routes que vous connaissez par coeur. Ça laisse rêveur non ?

Compteur en mode SPORT de la Mégane 4 GT
Compteur en mode SPORT de la Mégane 4 GT

Une fois le mode Sport activé, l’éclairage d’ambiance intérieur bascule en rouge, le compteur change de style d’affichage pour vous apporter un nouveau lot d’informations : couple, puissance et freinage. Les tours par minute adoptent un style de F1 et plus vous montez dans les tours plus vous vous rapprochez du digit indiquant le rapport enclenché. Evidemment au centre on retrouvera l’indicateur des kilomètre heures. Comme pour le reste des autres modes vous pourrez laisser la Mégane passer les vitesses pour vous ou alors vous faites comme moi, vous basculez en manuel pour profiter des palettes. Prenez garde car vous avez beau être en manuel la voiture montera un rapport si vous vous approchez du rupteur ou descendra une vitesse si vous êtes trop bas. Et à ce propos, je crie non, si je passe en manuel ce n’est pas pour être secondé par la boîte et avoir la trouille que la voiture me pète un rapport au beau milieu d’un virage et me fasse finir dans le fossé. Encore qu’elle le fasse si on est en auto d’accord mais si j’enclenche le mode manuel ça reste au conducteur de gérer ses passages de vitesse. Autre constat, à défaut de tourner avec le volant, les palettes  sont trop courtes et elles devraient descendre de 5 cm supplémentaires pour qu’on puisse les attraper quand on tourne.
Malgré tout la Mégane 4 GT sait rouler fort, très fort, les passages en courbes se font à des vitesses inavouables et en plus de ça le maintien de la voiture sur la route est quasi parfait. La voiture enchaîne les virages à vive allure sans encombre sauf au niveau du freinage où il faudra être vigilant. Je ne suis pas sûr qu’ils tiendront sur la durée si vous adoptez une conduite soutenue régulièrement.

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Sinon à la base GT c’était pour Grand Tourisme, la marque au losange a fait une berline à double face capable d’être brutale quand il le faut mais également d’une douceur exemplaire lors des longs trajets. Nous avons pu partir à 5 personnes dans le sud de la France sans encombre, bon par contre il ne fallait pas une valise de plus. Pour ceux qui nous ont suivi sur Snapchat (@wheelsanddriver) vous avez pu voir que c’était une belle partie de Tetris pour que tout rentre. Chose étonnante, la Mégane n’est pas équipée d’une boîte à gants réfrigérée, pas top au vu des fortes chaleurs de ce mois de juillet. Malgré mon mètre quatre vingt, le passager se trouvant derrière moi avait suffisamment de place aux jambes pour ne pas avoir besoin d’un massage une fois les cinq heures de trajet fini. Niveau ergonomie, la française n’est pas exceptionnelle, que ce soit pour appuyer sur la commande des vitres ou enclencher les régulateur adaptatif il faudra se contorsionner quelque peu. En parlant du régulateur adaptatif (RA), j’ai un avis mitigé sur cette technologie. C’est très bien quand vous avez une voiture carotte qui se cale à une vitesse indiquée et que vous la suivez, par contre si vous êtes seul ça devient pas pratique voir dangereux.

Je m’explique :

  • Cas 1 : RA enclenché à 130km/h lorsque vous arrivez derrière une voiture, la Mégane 4 GT vous indique grâce au logo que vous vous rapproché d’une voiture, si vous ne faites rien la voiture se calera sur la vitesse de la voiture vous précédent.
  • Cas 2 : RA enclenché, une voiture se rabat 10 mètres devant vous, la Mégane va freiner fort pour remettre la distance de sécurité entre vous et la voiture vous précédent. Ça m’est arrivé une fois et ça fait vraiment bizarre que la voiture passe de 130 à 100 en très peu de temps tout ça pour remettre de la distance.
  • Cas 3 : RA enclenché, je suis sur la file de droite, la voiture me précédent s’engage sur une sortie d’autoroute, elle ralentit et la Mégane en fait de même alors que je n’ai pas pris la sortie.

Voilà pourquoi je reste dubitatif face à cette technologie, c’est très pratique si vous roulez à deux voitures ou que vous êtes dans les bouchons, la voiture avancera pour vous. A 40km/h en revanche le RA se désactive. J’aurais préféré avoir un régulateur normal et la possibilité d’enclencher un régulateur adaptatif mais ça reste mon avis.

 

Bref la Mégane 4 GT est une voiture incroyable qui saura ravir un public large qui souhaite avoir une voiture pratique et confortable et où une simple pression du bouton Sport vous offre une tout autre voiture !
Si la Mégane 4 RS part de cette base là (et il y a des chances) la concurrence peut commencer à trembler..

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Consommations :

Urbain : aux alentours de 11,5L

Mixte : 8,0L

Ultra mixte, c’est à dire la balade de dimanche où on a bien roulé plus le trajet retour Lyon-Paris par l’autoroute : 10,0L

Infos diverses :

Quasiment 3000 kilomètres parcourus en 7 jours, 8 pleins d’essence en une semaine pour une valeur totale de 356,5€ (soit 51€ par jour), ce qui fait une moyenne de 375 kilomètres par plein (je m’attendais à moins !), 180€ de péage et un nombre incalculable d’heures passées dans des bouchons qui n’avaient pas lieu d’être. Ah les joies des week-end de départ..

Remerciements

Un énorme merci à Monsieur DELGRANGE de Renault France ainsi qu’à ses collaborateurs pour leur confiance et le prêt de la Mégane 4 GT.

Un immense merci à notre duo de caméramen préférés Anthony et Hélian pour le temps passé sur le tournage et le montage de la vidéo !

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À propos Quentin TISSIER

La photo j’aime ça. Les voitures j’aime ça. Du coup, ça me paraissait logique de combiner mes deux passions. Et puis pour bosser avec les déjantés de Wheels And Driver je ne me suis pas fait prier !
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