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Renault Mégane 4 RS châssis sport, garde-t-elle sa couronne ?

Si vous tombez sur cet article, ne me prenez pas pour un fou, lisez jusqu’au bout et vous réviserez probablement votre jugement sur mon avis à propos de la nouvelle Mégane 4 RS. Car effectivement, j’ai pu conduire la Mégane 4 RS châssis Sport pendant une semaine et je n’ai pas été convaincu comme l’a été le reste de la presse française.

Je vous passe le voyage en OuiGo encore moins confortable qu’un bus filant à vive allure dans une rue en travaux, suivi des bouchons parisiens en Uber. A peine la Civic Type R récupérée on fonce, que dis-je on bouchonne dans Paname, pour aller recueillir la dernière née des sorciers de Renault Sport. Arrivés au parc presse, voilà que la belle trône à l’ombre dans sa robe grise Titanium. Dans cette teinte, on pourrait presque passer à côté sans se rendre compte que la dernière Mégane 4 RS est à quelques centimètres de nous. En se retournant sur la bête, on comprend rapidement que ce n’est pas une Mégane mazout de société. L’arrière train large et monstrueux, la sortie d’échappement bien voyante, ajoutez à ça les jantes en 19” Interlagos Full Black, c’est bon, vous êtes bien en face d’un jouet sorti tout droit des ateliers Renault Sport.

On s’installe rapidos, le temps presse, William m’attend dehors avec la Type R et votre chauve préféré est pressé de sortir de Paris. Bon, les sièges en Alcantara ne sont pas réglables électriquement contrairement à la Hyundai i30 N. Dommage que les RECARO soient proposés en option uniquement sur la nouvelle Mégane 4 RS Trophy.. Pas grave, il est temps de rejoindre les copains. Carte mains-libre dans le vide poche, j’enfonce le bouton Start/Stop, la française m’accueille avec un son rauque des plus agréables laissant présager de sacrés souvenirs dans les tunnels des Gorges de l’Ardèche.

On the road again !

Pas le temps de connecter mon téléphone, je ferai ça au Trocadero pour la photo souvenir. Adieu Boulogne Billancour, bonjour les rues parisiennes. Forte de son système 4Control, la Mégane 4 RS se faufile très bien dans les rues étroites et madame s’en sort bien au milieu de la folie qu’est la circulation parisienne. Grâce à ses 4 roues directrices, je m’enlève de la tête la peur de frotter les jantes noires sur les trottoirs de la capitale. Sur les rues pavées, le châssis Sport reste souple et agréable, on est très loin de la raideur du châssis Cup que j’ai sur ma Clio 3 RS ph 2. Il est temps de s’insérer sur le périphérique parisien, j’accélère pour me glisser entre deux scooters, en mode Neutre la française met un infime temps à réagir à la pression de la pédale de droite, en moins d’un battement de cils, me voilà insérer prêt à me faire radariser en 3ème.. William me colle à l’arrière train avec sa jap’, je me contiens pour pas que ça parte en cacahuète sur le périph à 11h. Nan je rigole, on roule à 50km/h, faut pas déconner c’est Paris quand même !

Allez zou, on s’échappe de Paris une fois nos passagers récupérés. Après un Lyon > Paris réalisé en 5h, mes compagnons de voyage se sentent finalement bien à l’arrière de cette Mégane 4 RS. La banquette sied leurs popotins et ils n’ont pas mal au cou ou aux jambes. Bon point pour qui voudra partir en vacances avec sa famille, la Mégane 4 RS rempli l’objectif que les 2 portes supplémentaires lui incombent. Qui dit famille, dit capacité d’emport, la Mégane reste dans la moyenne du segment avec ces 384 litres d’emport, avec un peu d’expérience du Tetris vos valises rentreront sans encombre.
Point de bruit d’air à vive allure ou de d’à-coups ennuyants dans les bouchons, la boîte EDC continue de marquer des points. J’ai hâte de voir ce que l’ensemble châssis/boîte vaut en mode Sport. Attention à votre PEL camarades, la Mégane 4 RS a soif, comptez 450/470km max pour un plein, malgré l’autoroute à 135km/h. En moyenne, vous consommerez entre 10 et 11L/100 sur l’autoroute.
Avant le retour sur Paris, soit plus ou moins 1700 kilomètres parcourus, l’ODB de la Mégane affichait 13,4L/100 pour un parcours très mixte (autoroute + arsouille + routes de campagne).

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La tablette R-Link, ne présente aucune nouveauté, à part le RS Monitor que je n’avais pas eu sur la Mégane 4 GT, ce dernier vous indique une multitude d’informations : angle de braquage des roues avants/arrières, températures des fluides… Au cours de l’essai, la tablette a cessé de fonctionner durant 20/30 minutes. Et cette interface vous permet de gérer quasiment toute la voiture : musique, GPS, climatisation, téléphone.. Bref, sans tablette vous êtes à poil à peu de choses prêts. Pas cool qu’elle nous abandonne aussi lâchement, ce souci est arrivé une seule fois au cours des 7 jours.

Le son Bose régale, la connexion à mon téléphone une fois paramétrée se fait automatiquement dès qu’il est détecté par la voiture. Notre voiture d’essai était pourvu des sièges chauffants réglables sur 2 intensités différentes. Le volant n’est pas chauffant mais l’Alcantara dont il se pare vient réchauffer nos coeurs pour compenser.

Parlons peu, parlons châssis sur cette Mégane 4 RS

Aaaah sacrilège, soyons direct. Quelle déception ce châssis Sport à mes yeux. Pour être franc, je crois que j’attendais beaucoup trop de ce châssis. Durant cet essai, j’ai gardé en tête la référence du châssis Cup de ma Clio : dur comme un bout de bois mais diablement efficace sur route comme sur piste. J’ai omis que cette Mégane 4 RS châssis Sport s’ouvrait à un tout nouveau public : moins regardant sur les performances et plus axé sur un daily qui pourrait servir à une légère arsouille mensuelle.
Durant nos séances de roulage dans les routes ardéchoises bosselées, le train avant avait tendance à flotter et chercher son grip. J’ai souvent dû me battre avec la direction pour compenser ces moments de flottements quand la direction ne savait plus où donner de la tête. Il est fort à parier, que le train avant de pneumatiques usés n’a pas aidé la Mégane 4 RS à montrer ses meilleures atouts. Plusieurs fois, la française m’a fait le coup de sous-virer, lors de la remise des gazs en sortie de virage. Pas très rassurant.. et ça l’est encore moins quand la route est pleine de gravillons et qu’elle commence à glisser de l’arrière train, séance de rock’n’roll assuré.
Mais soyons honnête, la française est déjà suffisamment efficace pour qui respecte le code de la route, pour ceux qui voudraient en avoir plus entre les mains pour s’amuser plus fort sur piste ou route ouverte (chacun son permis, hein !), je vous conseillerai d’essayer le châssis Cup.

Je n’ai pas encore abordé le moteur. Les 280 poneys sont largement suffisants pour rouler à 80km/h.. La course aux moteurs puissants est bien marrante, encore faut-il réussir à passer la puissance au sol. Je dirais que ce 1,8L manque de couple et de reprise en bas du compte-tour. Il faudra alors jouer avec les palettes, le mode Race et votre paire de cacahuètes pour poser un freinage de trappeur, rentrer sur le bon rapport afin d’assurer une relance impeccable et voir la mine déconfite de vos potes dans le rétro !

Anecdote : Lucas et plus particulièrement William, ont été très surpris du 4Control, ce qui m’a permis de les laisser sur place dans les rond-points. Et pour ceux qui connaisse William, vous savez ce que ça veut dire ! Il a été bluffé par le comportement de la voiture dans les giratoires, je le cite “on dirait que la Mégane vole au dessus de la route”. Je confirme, j’ai été plusieurs fois (un peu trop ?) optimiste sur ma vitesse d’entrée dans les rond-points et la française m’a toujours prouvé que je pouvais rentrer encore plus vite. Bon après, mon cerveau m’a dit “calme toi, c’est dans les Gorges qu’on profite, pas en ville”. Certes ce fourbe avait raison, mais j’ai plus senti la puissance des 4 roues directrices en ville que sur les routes de campagne. SAUF pour les épingles, où William au volant de la française, s’est fait avoir en rentrant trop tôt dans une épingle et il s’est retrouvé à devoir corriger sa trajectoire au milieu du virage alors que le 4Control lui permettait de rentrer plus tard et bien plus fort.

La boîte EDC m’a régalé !

La boîte EDC m’a régalé durant tout l’essai, je ne suis vraiment pas un défenseur des BVA mais dit donc qu’est-ce que c’est confortable ces technologies. Bouchons, villes, petites routes de campagnes ou sortie de péage, rien ne lui fait peur. En fonction des modes de conduites choisis, au nombre de 5 : Confort, Neutre, Sport, Race & Perso, divers paramètres changent.
D’un appui court, le bouton RS Drive, vous propulse directement en mode Sport et d’un appui long en mode Race. Rapide et simple, c’est fort pratique si vous voulez vous énerver en un clic.

Les modes de conduite agissent sur : l’assistance de direction, les roues arrière directrices, la réactivité du moteur et de la boîte de vitesses mais également l’éclairage d’ambiance et du tableau de bord.

En mode Race, l’ESC est désactivé et une fois passé la boîte en manuelle – en tirant le levier sur la gauche, position M – vous devenez maître à bord, l’EDC vous obéit au doigt et à l’oeil. A la différence du mode Sport qui passera les vitesses pour vous si vous arrivez trop près du rupteur, le mode Race ira jusqu’à la zone rouge et seulement vous, à l’aide des palettes, aurez la main sur le passage du rapport supérieur. Bon point et très bonne amélioration par rapport à la Mégane 4 GT qui m’avait surpris à ce sujet. J’ai failli oublier de vous parler de ces craquements qui gueulent de l’échappement à chaque passage de rapport supérieur, ça fait un bruit.. Vous prendrez un malin plaisir à faire tirer les 3 premiers  rapport dans les tunnels et recommencer à chaque fois comme un gosse qui découvre son jouet ! Lorsque la ligne est chaude, il est n’est pas rare d’entendre des retours étouffés par le silencieux. Sympa.

Bien mais peut – largement – mieux faire

Cela dit, la Mégane 4 RS châssis Sport a quand même eu quelques soucis supplémentaires et il est important pour nous de vous le signaler, ces problèmes peuvent être propres à notre voiture.. ou pas :
– message casse moteur + voyant STOP allumé, alors qu’on ne roulait vraiment pas fort, on descendait tranquillement une route sinueuse avec en prime des travaux et des graviers sur la route. On a dû s’arrêter 10 minutes le temps que le message disparaisse. Le message n’est jamais réapparu au cours de l’essai.
– A 4500 km, avoir un siège conducteur qui grince dans les virages, ça ne fait pas bonne impression. Ce problème est connu sur les Mégane 4 GT et sur les versions ‘basiques’.
– le Start&Stop qui lâche plusieurs fois, la voiture ne veut pas repartir, elle broute. Vous êtes obligés d’arrêter le moteur et de redémarrer, peut être un problème venant d’une pièce défaillante ?..

Bref, cette Mégane 4 RS châssis Sport m’aura donné du plaisir mais je reste déçu par les prestations apportées au prix de quasi 40 000€.. A ce prix là, je vais voir ailleurs. Et toi, t’en a pensé quoi ?

Merci à Estelle et Jérôme pour le prêt de cette Mégane 4 RS !

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À propos Quentin TISSIER

La photo j’aime ça. Les voitures j’aime ça. Du coup, ça me paraissait logique de combiner mes deux passions. Et puis pour bosser avec les déjantés de Wheels And Driver je ne me suis pas fait prier !
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