Saga: La renault 16, à cinquante ans !

Voici notre nouvelle rubrique qui nous permettra de revenir sur ces stars du passé de l’automobile. La première du casting est la Renault 16 !

Épisode 1: la Renault 16

Un homme célèbre a dit un jour de son produit “Ceci est une révolution !”.

La Renault 16 aurait très bien pu rejoindre la gamme des produits révolutionnaires comme le tout premier Iphone. La voiture que je vais vous présenter dans cette article a été une véritable révolution à sa sortie en 1965. Voici donc l’histoire de celle qui aura posé les bases de nos voitures contemporaines. Mais, parce qu’il y a un mais, elle vivra à jamais dans l’ombre de sa concurrente: la Citroën DS.

Il faut quand même se mettre à la place des hommes de la régie au début des années 60 après l’échec de la Frégate (1951-1960). Renault est un peu refroidi du haut de gamme. Le début des sixties se passe de véhicule haut de gamme chez le losange.

Pourtant, Philippe Charbonneaux dès la fin des années 50 va doter le constructeur d’un bureau de style ce que l’on appelle aujourd’hui le “Recherche & Développement”. Laissant terminer tranquillement la carrière de la Frégate, Charbonneaux, va partir d’un page blanche pour le nouveau fleuron luxe de la marque.

Dès la fin des années 50, il imagine avec son équipe une auto capable de se frotter au concurrent du Quai de Javel (Renault et Citroën c’est depuis longtemps une histoire compliquée…), notre homme n’est pas à son coup d’essai: en 1961, Renault présente la 4 concurrente directe de la 2CV, Philippe Charbonneaux souhaite réitérer le coup mais cette fois-ci avec une version qui s’attaquera à la berline du double chevrons. Pour cela le projet doit être innovant et révolutionnaire.

Nom de code: R1150

Le nom de code du projet sera R1150, les axes de travail définis, l’équipe Renault fit le choix de « la voiture à vivre ». La voiture va miser sur l’innovation quitte à surprendre mais aussi sur un style qui pourra dérouter: Renault analyse les nouveaux usages d’utilisation de l’automobile à l’aube des années 60, ainsi la voiture se destine à une nouvelle famille de gens « aisés » c’est-à-dire celle des cadres ayant besoin d’espace et de volume pour mettre les valises du week-end en Normandie ou pour les grandes vacances. Renault va apporter des solutions technologiques inédites pour le segment H à commencer par des suspensions à quatre roues indépendantes (vu l’état des routes, encore un coup de la DDE), un châssis asymétrique dû à l’utilisation de barres de torsion. La 16 inaugure aussi le Cléon-aluminium, développé pour elle mais aussi et surtout la grande berline sera la première voiture de grande série équipé d’un hayon ( nous reviendrons sur le hayon plus tard).

Un châssis asymétrique ?

Alors oui ça peut surprendre, mais le châssis de notre R16 est asymétrique, cela est dû à l’utilisation de barres de torsion dans la longueur ou longitudinale à l’avant et pour l’arrière transversale. Le détail qui tue (remarquez l’habile photomontage en dessous) c’est la distance entre le passage de roues arrières et les portes gauche et droite.

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Le Moteur Cléon-Aluminium

Le surnom de «Cléon» vient du fait qu’il était fabriqué à Cléon, en Seine-Maritime, à proximité de Sandouville le tout accolé à l’« aluminium » afin de le distinguer du moteur roturier Cléon-fonte du reste de la gamme Renault. Il dispose d’un arbre à cames latérales (avec culbuteurs et tiges de culbuteurs), le tout commandé par une chaîne de distribution, avec une culasse et un bloc en aluminium. Il est le premier moteur fabriqué par Renault avec un bloc aluminium.

Le Hayon: une histoire de coffre

Destinée avant tout à une nouvelle classe sociale avec plus de revenus, Renault réfléchit à la dure vie d’une famille que l’on nommera plus tard les cadres (ou col blanc si vous êtes un syndicaliste), avec comme questionnement: comment utilise-t-on sa voiture avec ses enfants ? Comment rendre la voiture fonctionnelle ? La R16 s’annonce révolutionnaire et en adéquation avec les attentes de ses utilisateurs. Premièrement, l’adoption du hayon permettra à l’utilisateur de charger plus aisément les bagages, un accès essentiel pour le quotidien (on pense aux courses, au shopping de madame,  au kidnapping de personne gênante). Cela jouera un grand rôle sur sa forme générale, la R16 sera donc une bi-volume ou bi-corps au grand dam de la DS ! L’aspect pratique étant prioritaire au style. Je vois qu’il y a une question. Oui, Agnan on t’écoute: C’est bien joli, tu nous expliques pourquoi ils ont installés un hayon, mais un hayon c’est quoi ? Le hayon désigne l’ensemble vitrage/porte de coffre à l’arrière de la voiture s’ouvrant ensemble. Sur les berlines trois volumes à la lunette arrière fixe comme sur la Citroën DS, par exemples. Le hayon est inhabituel pour les hommes de Renault et les ingénieurs installeront sur le toit des « cornes », elles naissent au-dessus du pare-brise avant et court jusqu’aux feux arrières , c’est esthétique mais pas que… Les cornes sont là pour rigidifier la structure de la voiture. Aujourd’hui le hayon est partout chez les généralistes (ex: Fiat Panda) … mais aussi les constructeurs premiums (ex: Audi A7) par exemple.

Gèneve 1965: 16 se dévoile au public

C’est lors du salon de Genève en 1965 qu’apparaît la voiture ! La R16, surprendra les visiteurs, son espace habitable permet pas moins de sept configurations (comme un monospace, oui monsieur !), les sièges sont ainsi démontables ou pliables (comme sur un monospace, oui monsieur !)… Le refroidissement du moteur fonctionne en circuit fermé avec une ventilation automatique. La R16 est la fierté de ses concepteurs Philippe Charbonneaux et Yves George. A Genève, Renault présente trois versions: la base avec la R16 L, le « cœur » de gamme R16 GL et la R16 GLS. Il est à noter qu’au lancement de la R16, les premiers exemplaires n’arborent pas le losange ! Dès le mois de septembre 1965, il apparaît sur la calandre. Sachez aussi que l’on nomme la 16′ Renault 1500 vis-à-vis de sa cylindrée puisque au lancement nos trois versions de la R16, elles auront toutes un moteur 1470cm3 qui offre 55cv.

Sous vos yeux ébahi, la vidéo de présentation de la grande Renault:

Elle sera d’ailleurs, face à ses innovations, élue Voiture de l’Année 1966.

Début 1968, la marque au losange commercialise une R16 que l’on pourra qualifier de version « sportive »: la Renault 16TS, elle bénéficie d’un tout nouveau moteur cubant 1565 cm3 et 83 ch (non je n’ai pas oublié un zéro :). En mars 1969, Renault équipe la 16 d’une boite automatique électronique: C’est la Renault 16 TA, qui récupère le moteur de la TS mais dégonflé, il délivre 67 ch.

En septembre 1970, la Renault R16 connait son lifting de mi-carrière: le plus gros changement que l’on remarquera sont les feux arrières qui seront redessinés: ils perdent leurs formes arrondies pour devenir rectangulaires. Les chromes sur les ailes arrières ont disparu. Le ménage continue dans les appellations puisque les versions GL et GLS deviennent L et TL et récupèrent la motorisation de la version TA. En 1973, apparaît la Renault 16 TX avec un nouveau moteur de 1647cm3 avec 93ch, elle sera équipée d’une boîte cinq vitesses, des lèves vitres électriques à l’avant, la fermeture centralisée des portes. Question style, la 16 gagne un becquet de toit chromé, quatre phares avant carrés et des jantes Gordini.

De plus, question options, le choix est large avec: changements de vitesses automatiques, des vitres teintées, la climatisation, l’intérieur en cuir, le toit ouvrant, des jantes aluminium ou encore la peinture métallisée… La plupart des 16, auront un intérieur beige/marron, d’autres recevront un intérieur bleu ou encore en skaï ou en cuir. Derniers détails, le poids de la seize varient entre 1010 kg et 1065 kg (pour les versions TL et TX).

Un défi technique

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Si la conception de la voiture est un défi, l’autre défi à été de sortir rapidement un site de production, Renault le placera à Sandouville, en Normandie. Les avaries vont se succéder et donner une mauvaise image à la voiture. Ce sera vite oublié avec les améliorations qu’apportera Renault à son site de Sandouville. Voilà comment naissait une R16 à Sandouville:

Suite à ses ennuis, Renault modifiera au fil du temps la R16 en apportant des changements et ce dès 1966, soit un an après son lancement ! Le losange ajoutera une nouvelle commande de starter sur le carburateur.

Les plus grosses critiques de l’époque portaient sur les freins, la 16 n’est pas la meilleure en freinage et Renault va réagir avec des nouvelles plaquettes de freins « plus épaisses » dans la même année la 16 se dote d’étriers de freins à disques. Pareil pour les diabolos qui servent de fixation au silencieux remplacé par des sangles élastiques.

Clap de fin

1979, marquera la dernière année où Renault modifiera la 16. La R16 continuera ainsi pendant encore deux ans sa carrière. Renault réduit le catalogue, supprime des options… La Renault 16 disparaîtra du catalogue en 1981, après 16 ans de carrière. Renault la remplacera par le duo Renault 20 et 30.

Pour l’histoire, c’est une 16 TX qui sera la dernière Renault 16 à sortir de la chaîne à Sandouville.
Au total, entre 1965 et 1981, ce sont 1.850.000 exemplaires ont été produits.
A Sandouville, les chaînes continueront avec la production duo 20 et 30 qui prennent la suite de la 16 avec la même architecture.

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Aujourd’hui, la seule trace qu’aura laisser la 16 dans l’histoire automobile, c’est certainement son hayon !

pour conclure un peu de pub’

Dérivé

La seize aura aussi une petite-cousine en Angleterre: la LOTUS EUROPA, puisqu’elle empruntera son moteur à notre française. Autres automobiles à recevoir le moteur de notre seize est l’artisan lyonnais Marcadier coupé Barzoï, n’oublions pas la Matra Jet ou encore les premières Alpines qui recevront le Céon-Alu de la seize.

J’en profite pour vous montrez les versions non commercialisées de la 16: le coupé et le break.

Voilà tout est dit (ou presque) à propos de la Renault seize alors on se dit à très vite pour un autre rendez-vous de “Saga” . Si vous avez des idées d’anciennes n’hésitez pas à nous le dire par commentaire !

Merci à la présidente Fabienne Dubois de Bleu Seize pour sa sympathie et de m’avoir fait découvrir ses Renault 16. Sachez que jusqu’à la fin de l’année 2015 des événements célébreront les 50 ans de la seize, Le prochain événement sera à Lyon à Epoqu’Auto du 6 au 8 Novembre 2015. Nous y serons !

Via Renault, Bleu seize, photos: Guillaume PINA et Google image.

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