Essai : Ford Mondeo Vignale, un vent d’Italie

Pendant un long WE j’ai pu tester ma première Ford et il faut dire que je démarre plutôt bien, la Ford Mondeo Vignale est parfaite pour effectuer ce baptême. Je ne savais pas réellement à quoi m’attendre de la part du constructeur américain. Pour être franc j’ai pu conduire pendant 30/40 minutes une Ford B-max, celui avec les portes coulissantes et il m’a laissé un arrière-gout assez amer. Tape-cul au possible, les 90 chevaux n’étaient pas très convainquant tandis que certains plastiques laissaient a désirer. Il me tardait donc d’essayer un autre modèle plus haut de gamme afin de pouvoir juger les réels compétences de Ford.

Petit point d’histoire, VIGNALE est le nom d’une entreprise de design italien créée en 1948, qui s’occupait d’apporter des modifications esthétiques sur différents modèles de véhicules tel que Fiat, Triumph ou encore BMW. Dorénavant c’est Ford Motor Co. qui détient l’entreprise, alors pour nommer sa branche haut de gamme, Ford lui fait honneur, un peu de douceur Italienne en Amérique.

Ce qu’il est important de savoir c’est que Vignale n’est pas simplement un modèle HDG. Vignale c’est un service proposé aux clients. En effet, un client Vignale a le droit à une multitude de services supplémentaires que n’aurais pas un autre client Ford, on y retrouve un service de conciergerie, le lavage du véhicule couvert par Ford, la livraison et l’enlèvement du véhicule à domicile lors des entretiens avec le prêt d’un véhicule de courtoisie et un accueil royal dans les concessions Ford. Avec Vignale, Ford souhaite ouvrir une gamme à part, un peu comme DS avec Citroën.

Le modele d’essai est donc la Ford Mondeo SW Vignale embarquant le 2.0L TDCI de 180 chevaux, la boite automatique PowerShift couplée à la transmission 4×4. Son prix est de 46 000 euros.

Stature salutaire.

Vignale c’est le luxe et on le comprend dès le premier coup d’oeil sur la carrosserie. La face avant a été retravailler notamment par l’ajout de touche de chrome sur la calandre ainsi que sur toute la partie basse du pare-chocs. Les feux Full LED, non sans rappeler la muscle car de la marque, apporte cette touche d’agressivité.
Le break est profilé par du chrome, eh oui encore, mais cet ajout reste en harmonie avec l’esprit du véhicule.

Mais tout ne peut pas être parfait, personnellement je regrette cet arrière pas assez raffiné par rapport a l’avant. Il manque quelque chose pour que celui-ci ai plus de cachet !

N’étant pas particulièrement fan du trio de teinte blanc/gris/noir, je trouve ce gris plutôt plaisant, mais quitte à choisir j’aurai pris le marron Nicciola, mais après tout, chacun ces gouts 😉

Luxe, confort et technologie

Pour nous ça sera cuir blanc. Alors je vous entends venir, comme la majorité des personnes qui ont vu ce cuir blanc ; “C’est beau, mais ça se salit vite !”. Non, la couleur du cuir n’influe pas sur la vitesse de salissure, le cuir se salira aussi vite qu’il soit noir/blanc ou marron. C’est juste que sur le blanc on s’aperçoit mieux de l’usure et la salissure, mais ça pousse à l’entretenir au moins !
Les sièges sont réglables électriquement avec 2 programmes de mémorisations qui enregistrent également la position du volant. Lorsque vous coupez le contact, le siège se recule afin de laisser la place nécessaire pour sortir. Dis comme ça c’est sympa comme service, mais pour le peu qu’un passager soit situé derrière et c’est la panique, car le siège lui recule jambes ou pas…
Le confort des sièges vous fera oublier les heures d’autoroute et c’est sans compter les massages aux fesses et au dos, réglables selon deux intensités. Pour les frileux les sièges sont bien évidemment chauffants tout comme le volant et pour les grosses chaleurs (le mois de juin nous a comblés pour ça !) les sièges sont aussi ventilés. À l’arrière le confort est également au rendez-vous, l’espace aux jambes est généreux, trois adultes peuvent tenir sur la banquette sans se sentir à l’étroit. Par contre les grandes tailles pourront rencontrer des problèmes de collision avec le pavillon de toit.

Pour en finir avec l’aspect pratique de la Vignale, le coffre offre un volume de 525 litres. Son plancher plat évite de se casser le dos lorsque l’on veut retirer ou déposer de gros bagages, mais limite son volume. Le détail sympa c’est la barre de calage qui permet de serrer et maintenir vos cargaisons, pratique pour transporter des choses fragiles comme des bouteilles de bière … 😉 Pas de commande mains libres pour le coffre, mais il est possible de l’ouvrir/ fermer depuis la clé, on trouvera également une commande côté conducteur et un bouton sur le coffre.

Une fois installé il faut apprivoiser l’ensemble des commandes électroniques. Si au premier abord elles semblent s’être estompées par rapport aux modèles précédents il s’agit d’une illusion. Tout d’abord il y a l’écran tactile, tout peut se contrôler à partir de lui, température, réglage des sièges, GPS, musique, tout y passe. La liaison Bluetooth est particulièrement efficace ceci dit en passant. Mais la qualité du tactile fait défaut à son utilisation, le système est lent et il faut bien appuyer sur l’écran pour que celui-ci comprenne qu’un ordre a été donné. Un système que l’on espère ne plus retrouver dans les prochains véhicules donc, car c’est pour moi LE talon d’Achille du véhicule.

Pour continuer dans les écrans, les compteurs sont entièrement digitaux, à gauche le compte tour (3)  et à droite la vitesse (1). Dans l’affichage des compte-tours se place un menu, manipulable via le volant (A) avec tout un tas d’options sur le véhicule, du paramétrage de temps d’éclairage d’accueil au choix des suspensions en passant par les informations utiles comme la consomation instantanée ou la répartition de la puissance sur les 4 roues en temps réel. C’est cette dernière option que j’ai choisi d’afficher afin de me donner une idée sur la fonction de la transmission intégrale intelligente (je reviendrais dessus en fin d’essai). La zone digitale (2) située entre les deux compteurs possède également un menu sauf que cette fois-ci pour l’utiliser il faut manipuler la commande située sur la gauche du volant (B). 3 choix s’offrent au conducteur : Divertissement, Navigation ou Téléphone. Utilisant la navigation de mon téléphone, le menu m’offre simplement une boussole. Le menu divertissement permet de sélectionner la fonction d’écoute (FM/AM/BT, etc.) et pour finir le menu téléphone permet de fouiller sa liste de contact et passer des appels. Personnellement j’aime avoir ma vitesse alors je me suis dit que cet affichage devait sûrement l’indiquer, mais que je m’y prenais mal. Après des recherches digne des plus grandes découvertes archéologiques dans tout les menus et le manuel, aucune indication, j’ai donc abandonné laissant l’espace vide…
Dommage, cet ensemble d’afficheur pourrait être mieux exploité surtout quand on voit la masse d’information que les deux autres écrans peuvent contenir.

L’écran droit affiche quant à lui les informations sur l’autonomie du véhicule, la vitesse du régulateur/limiteur, le réglage de la distance de sécurité que le régulateur doit garder, la vitesse lue des panneaux de signalisation et même la vitesse en miles qui dédouble le compteur pour un esprit plus « Américain ».
Ce surplus d’information est dur à prendre en main au début et l’affichage n’set pas assez bien optimisé. Bien sûr pour prendre en main tous ces menus vous pouvez compter sur le régulateur adaptatif qui saura freiner le véhicule seul jusqu’à 20-25 km/h. En complément de ce système, le maintien de voie fonctionne lui de manière plus aléatoire, il faut qu’il ait bien discerné les 2 bandes blanches et que les voyants soient verts au niveau du compteur pour être sûr que le système fasse son travail. Cela dit, une fois les deux aides enclenchés la voiture conduit “presque” toute seule pendant que vous êtes occupé à bidouiller les options comme moi au début…
J’ai parlé du tactile et des écrans dans les compteurs, mais la Ford fait aussi dans le traditionnel puisque certaines commandes sont également physiques comme la gestion de la clim, le choix du média et le réglage de siège, ce qui est bien plus pratique !

Pour en finir avec la technologie, le rangement situé dans l’accoudoir central permet de brancher clé USB/prise Jack/carte SD tandis que 3 prises allume-cigare sont disposées dans la voiture, sous la console centrale, pour les passagers arrière et dans le coffre.

Faisons un tour d’horizon sur l’habillage de l’habitacle, combinant cuir blanc et cuir noir sur toute le planche de bord l’ensemble est soigné et largement à la hauteur de ce que l’on attend pour ce genre de véhicule. Il sera cependant possible d’apercevoir quelques ajustements mal fini, mais rien de bien alarmant.

Taillée pour rouler, rouler et encore rouler.

Mon premier trajet avec cette Mondeo Vignale s’effectue en ville (dans Paris) puis direction le périph’ pour ensuite passer à l’étape de l’autoroute.
Un petit rappel sur les dimensions, la Mondeo SW c’est 4,87 mètres de long pour 1,85 mètres de large, autant dire que j’appréhendais la conduite dans la région parisienne !

Des les premières tours de roue j’ai été agréablement surpris par la boite de vitesse qui régale dans ces passages de vitesses, tout se fait en douceur, un bonheur ! Reste à voir si le mode Sport change quelque chose, mais on verra ça plus tard.
Comme je le disais précédemment, les bouchons parisiens ne deviennent plus un souci quand on est à bord d’une telle voiture. On prend son mal en patience, on profite du toit ouvrant, des massages et on laisse couler. Pour le moment le diesel 180 sait se faire silencieux, reste à voir à haute vitesse.
Le ticket de péage est pris, je peux enfin mettre plein gaz jusqu’a atteindre ma vitesse régulée.

Point numéro un : on ne sent pas les 180 chevaux, la voiture accélère à son rythme mais surtout tout en douceur. Le moteur laisse échapper une sonorité plus qu’agréable pour un diesel, on dirait un moteur essence quand celui-ci monte dans les tours, génial !
Point numéro deux : la boite de vitesse lisse le couple. Présent à partir de 1900tr/min, les 400 Nm ne se font pas ressentir mais l’accélération reste très linéaire.

Point numéro trois : une fois arrivé à vitesse stabilisée le moteur devient inaudible. L’insonorisation a été améliorée sur cette version Vignale et à bord le silence est royal. Les bruits de roulement sont peu perceptible tandis que les bruits d’air sont ceux qui se font le plus remarquer. Mais pas besoin d’élever la musique à un niveau bien élevé pour les cacher.

Bref, les heures d’autoroutes ont défilé sans que je vois le temps passer et même une fois arrivé à destination il est frustrant de quitter le navire.

Un tour en ville

Ayant circulé à Paris et à Lyon, la Vignale a vu du paysage urbain, que se soit les quais de Rhône aux entrailles du vieux Lyon. Malgré sa longueur la Ford sait se débrouiller dans cette faune urbaine, bien sûr il ne faut pas prendre les virages serrés car sinon la roue arrière n’appréciera pas. La direction se veut confortable donc souple, du coup la Mondeo s’en sort haut la main même quand il s’agit de rues étroites. Vient l’épreuve des pavés, j’enclenche le mode confort qui joue sur le réglage des amortisseurs et le combat débute. Forcement ça vibre, mais la caisse reste stable sans sautiller de partout, victoire !

La Mondeo accepte d’être conduite en ville et le prouve en offrant un confort premium.

La campagne ? Avec précaution.

Si mon terrain de jeu préféré reste les lacets et les petites routes que les Monts du Lyonnais nous offre, la Vignale ne peut pas en dire autant. Amortisseur et boite de vitesse réglés sur Sport, la Mondeo n’offre rien de transcendant, logique. Il est même préférable de laisser la boite de vitesse en automatique afin de ne pas pousser les rapports dans les tours puisqu’il n’y a aucun intérêt à le faire. Mais la Ford étonne par son agilité surtout vu son gabarit. La voiture se place avec facilité dans les courbes et se maintient sans avoir l’arrière qui souhaite passer devant. C’est ici que je me rends compte de la présence de la transmission intégrale qui offre un survirage amoindri et une stabilité accrue. Au final j’ai plus pris de plaisir à monter/descendre les Monts en ayant le toit ouvert, fenêtres ouvertes, musique qui s’accorde avec l’ambiance le tout à une allure normale comme n’importe qui plutôt qu’avec une conduite soutenue.

La transmission intégrale.

Un petit mot sur la transmission intégrale qui est toute nouvelle chez Ford. En temps normal lorsque l’on roule, la Vignale est en 2 roues motrices, les roues avant bien sûr. Et lorsque l’on souhaite un peu de puissance, celle-ci est partagée entre les 4 roues. Si ce partage est transparent en sensation, il sera possible de le visualiser sur l’un des écrans compteurs. Le système est également actif lorsqu’une perte d’adhérence arrive surtout sur route humide où l’on sent plus cette répartition sur les 4 roues. De plus, la transmission intégrale confère à la Mondeo une meilleure agilité et un rayon de braquage assez restreint pour le gabarit.

Utile donc, mais transparent dans 90% des cas.

Bilan

J’ai adoré conduire cette Ford Mondeo Vignale, surtout pour ces qualités de grande routière qui avalent les kilomètres sans broncher. Elle reste très vivable pour un usage urbain et conviendrait parfaitement à un usage type Taxi. Mon seul regret est de ne pas avoir pu tester la transmission intégrale sur route enneigée. Le 2.0L TDCI a d’excellents atouts dont son silence sur autoroute et son ronronnement quand il monte dans les tours sont les principaux. Mais la Mondeo pèche par son  électronique, en 3 jours j’ai eu plus de bugs qu’en toute une vie sur une voiture. Massage qui fonctionne quand l’ordinateur l’a décidé ou bien des aides qui sont indisponibles sans que j’en connaisse la raison et enfin l’interface multimédia certes bien pensée mais dont la lenteur du système et le mode de tactile freine radicalement son utilisation.

Merci à Ford pour le prêt et leur gentillesse lors de la remise du véhicule ! 

 

À propos Chef

Bercé au rythme des rallyes ma destinée était tracée alors en grandissant j'ai continué à faire vivre ma passion allant des 1/43 jusqu'aux réelles aujourd'hui. Alors je garde ma passion comme passion en faisant profiter le maximum de personne pour un amour automobile collectif et partager. Ma première voiture ?! Une Super 5 Baccara, ça dépote !
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